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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 13:43

(1) Dans le calembour nulos, vous me donnerez le premier prix, je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher.

 

Faut le faire comment ? de raconter quand c'est arrivé et qu'est-ce qui s'est passé

 

Dans un passé simple mais assez composé je vous avais raconté l'arrivée de Seznec à Morlaix, dans la nuit d'un dimanche de mai, vue par Marie Jeanne. Mais telle que je l'imaginais, sans connaitre les révélations de son fils...

 

Maintenant, je peux inverser pas mal de trucs, et vous la faire, toujours à travers les yeux de Marie Jeanne et pas dans les bras de Guillaume.

 

Bon, allez, en place. On y va !

 

 

Toutes des vieilles biques puantes

Des jalouses, des merdeuses

Qui font rien que de loucher au dessus des murs pour voir ce qui se passe chez nous

et qui disent que ceci

et qui disent que cela

Des menteries, des vilénies qui puent comme leurs chattes froides et raidies par l'inaction

Et le Pierre, ce petit gros rondouillard et replet, qui sent l'eau de lavande et le cuir beurré, qui fait ses ronds de jambe, ses giries et son trou du cul de politicien.

Lui, il me sort par les yeux, les trous de nez et les oreilles.

Y met les nerfs,

oui, les nerfs.

J'y foutrais bien mon parapluie quelque part.....jusqu'à le faire péter.

 

Et puis voila. A neuf heures, ce matin, le Pierre qui rentre dans la maison.

 

Moi, en chemise, je venais de me lever, je faisais du café en bavassant avec Angèle sur le soleil et le beau temps du jour. Guillaume, le petit, il était déjà parti dans le jardin, à courir avec les chiens. Gambader dehors, c'est tout ce qu'il aime faire. Insouciant.

Quéméneur frappe et entre. Comme souvent. Pas vraiment gêné. L’œil souriant, la plaisanterie à la bouche, la bonne-humeur en devanture éternelle de son éternelle boutique.

Moi, je me drape dans mon châle et me précipite pour aller m'habiller un peu plus

Mais lui :

-Pa besoin de coiffe, Marie Jeanne, ce matin , c'est du tout simple. C'est un jour d'exceptionnel printemps. C'est déjà comme l'été. Tout en fleur , tout en odeur. Tout va si bien. C'est comme le bonheur...

Et moi qui me demande qu'est-ce que ça veut dire tout ça...

Et qui le lui demande

 

Voila, Marie Jeanne. Hier, j'étais à Paris, pour ces affaires de voitures. Mais surtout pour une autre affaire. Je l'ai dit à personne. Même pas à Seznec.

Une affaire ou je vais être directeur de banque,

Patron de la banque, à Landerneau

Une affaire.

Banque Privée Coloniale.

Vous vous rendez compte, Marie Jeanne, une banque très importante, plein de ressource, qui gère des tas de capitaux et on aura la main sur des tas d'investissements, des investissements énormes, des capitaux...

Fini le petit commerce du bois, des alcools, là, c'est des investissements énormes.

 

Moi, franchement, ça m'a fait plutôt l'effet d'un grand rien du tout. Je voyais pas ce qu'il voulait dire.

Et dans la foulée, je lui ai demandé

- Et Plourivo ?

-Plourivo, qu'il m'a répondu. C'est bon, je vous l'ai vendu. Guillaume m'a donné les dollars. Vous l'aurez en Septembre. Vous irez dès cet été.

Et puis, je lui aurais des prêts, à la banque...

 

Dans l'euphorie, il s'est approché, m'a pris la main, il s'est approché de plus en plus. Son haleine me pénétrait dans le nez, dans la tête. Une haleine aigre, à peine entamée par les sucreries à la menthe qu'il avait dû avaler juste avant. Ça me dérangeait, ça m'exaspérait,  la menthe, la lavande, l'aigre des dents pourries sous l'or qui inondait son sourire vicelard.

Tout me poussait à le vomir.

Soudain, il a posé une main velue sur mon sein.

Je ne sais plus ce que j'ai hurlé.

Mais j'ai hurlé encore et encore.

Un cri immense de dégoût, pour l’expulser de moi, de ma vie , de ma conscience.

Quand on se culbute, avec Guillaume, je m'ouvre immense, je me l'engloutie entier, je me l'avale et je me l'enfouie en moi, et le garde complètement.

Là, c'était exactement l'inverse. Je rejetais , par ce cri, tout ce qui m'effrayais me rebutais de ce gnome que les mégères du voisinage voulaient accrocher à ma vertu.

Je criais

et je criais encore et encore

Ma cervelle éclatait sous le bruit intérieur. Mes oreilles grondaient comme le roulement du torrent de l'enfer.Et, surtout, mon sexe se consumait d'un froid gigantesque. Je serrais désespérément mes cuisses. Elles s'écrasaient l'une contre l'autre et mon cerveau s'unissait à elles dans un geste de repli, de défense désespéré.

Je criais toujours

et encore

Mes larmes

Mes Yeux

Je ne sais plus très bien...

Mais maintenant je me vois

Des tremblements

des hoquets

des baves

des vomissements

encore des hoquets

des éblouissements

une fièvre intense

un froid immense

 

Angèle me tient la main

Elle aussi pleure

 

Tout m'est échappé...

 

Sauf le corps de Pierre, contorsionné

Comme s'il s'était fermé sur lui-même

Immobile

Immobile et sans vie

Il est mort

Moi, je le vois mort

 

Je sombre dans une nuit qui n'est que dormir, comme s'il me fallait oublier. Le noir, pour oublier. Je ne sais pas si cela s'effacera. Ma tête...ma pauvre tête.... C'est noir mais pas assez...Je sombre dans le dormir, mais je surnage quelque part.

 

Guillaume, sa voix

Guillaume, sa voix... mais que dit-elle ?

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 10:40

Y a une logique.

 

Si on veut bien que le Seznec ait essayé de rattraper sa mise en introduisant deux PV dans le scénario plutôt simple de Madame se défendant contre les entreprises amoureuses du Quéméneur, il faut admettre qu'il a embrouillé les choses, sans même s'en rendre compte.

En tout cas, pour faire ou refaire les PV, il en était bien incapable. Savait même pas se servir d'une machine.

 

Y a donc quelqu'un qui l'a aidé et là, il faut faire dans le "qui c'est qui", un jeu des plus périlleux.

 

 

De Jaegher ?

Semble le plus sympa avec Sezec; Mais il est des plus maladroits : il dit des trucs qui se veulent du beurre dans les épinards de Seznec et puis il dénonce des mecs un peu lointains ( Kerné, entre autres) sans qu'on sache trop si c'est pas des vieilles haines de dessous le viaduc de Morlaix, entre les odeurs de sardine pas fraiche de la Belle Hélène ou les piles fantaisie du Professeur Valoris.

Non. Pas De Jaegher.

 

Y a un type qui va aider Seznec. C'est Samson, un fidèle à toute épreuve. Mais Samson, y mène à rien. Il fait quelques courses, du pas terrible, du pas très rentable. Pour Gerdhi, il merdoie franchement. C'est un gentil, mais quel cruche.

 

Et Valoris, j'aime bien Valoris. Escroc fantaisiste et acharné. Je me demande si il sait qu'il est un escroc. Toujours impec dans son rôle de grand inventeur des phares hertziens. Remplissant régulièrement les pages de la revue spécialisée "Les Ailes" avec son autre mode de guidage des avions dans la brume. On est entre le Petit Prince et le manuel du GPS Garmine. On flotte dans les airs.

Mais non, Valoris est d'un autre monde, mais , après tout, il aurait pu jouer à imiter la signature de Quéméneur, vague possibilité...

Allez, il n'est pas dans les petits papiers de De Jaegher

Alors, pas Valoris.

 

 

Kerné ? Ah , oui, Kerné.

Le mec idéal pour faire complice. On ne sait rien sur lui. Cherchez, je vous garantie. Vous ne trouverez rien. En première main , j'entend bien...

A part une lettre très intrigante de De Jaegher au juge d'instruction. Juste assez intrigante pour que tout le monde se rue sur Kerné.

Et puis , c'est quoi cette adresse à Chelles, quasiment chez Berthe Rallu, la gnasse qui a vendu le Café Tambour ?

Et puis cette gueule étrange, avec une casquette de marin "en drap" ?

 

Difficile de faire mieux pour un mec qui fera le suspect N° 1, le vrai, le dur, le qui ne peut rien faire d'autre que ça, suspect N° 1.

Kerné, j'en veux pas. Top parfait. Exit Kerné.

 

 

Louis Charles Balson. Souvenez vous. Le mécanicien dentiste.Qui trainait au café avec Seznec, Marc et un moustachu ( genre Quéméneur), celui qui a racheté à Marc la blanchisserie...

C'est quelqu'un d'adroit, certes.

Mais alors complice, juste pour taper et faire les faux. Et après, pfutt !, je disparais ?

Pourquoi pas , Après tout. On en entendra jamais plus parler.

Et ce serait lui qui aurait fait les vrais, à Brest , juste au moment où Quéméneur va chez le dentiste (dixit Denis Le Her) ? ?

Allez, va pour le dentiste !

 

Mais au fait, Seznec lui aurait-il pas dit :

-On refait les actes

- Ah, bon , pourquoi ?

-Quéméneur est mort, on va changer les chiffres,

-Et pourquoi, il est mort ?

Là, d'accord les enfants , ça cloche un peu. Va falloir trouver mieux. Mais gardons le dentiste . Au frais.

 

Si il y en a d'autres, des suspect qui auraient pu faire complice en retapant des actes et en jouant du calque pour les signatures, faut me le dire, j'en ai peut-être oubliés.

 

 

 

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 09:51

Mes chers enfants,

 

Je crois qu'il va falloir que je m'y mette.

 

Le douze février, M° Langlois nous a balancé dans les dents, comme ça, sans trop de précautions, la nouvelle.

 

Et donc que c'est Marie Jeanne Seznec qui aurait repoussé l'entreprenant Quéméneur et, coup ou pas coup, l'aurait envoyé ad patres réviser son manuel de savoir-vivre et surtout, celui de savoir mourir dans le mystère.

 

Et nous voilà, encore une fois, devant une autre manière de voir et de comprendre les choses...

 

Ah, mais cette fois, elle est bien nouvelle la manière, car c'est du jamais entendu cette version : Marie Jeanne la coupable !!

 

Je vous l'avais dit, moi, j'avais cru à une histoire de cul et de cocu, mais que ce fut la Marie Jeanne qui, pour se défendre, aurait porté un coup de chandelier, et dans la salle-à-manger, ou dans le salon, alors que le colonel Moutarde, revenait cahin-caha, dans sa torpédo asthmatique. Voila du Cluedo clair et net, sans nuance et sans fioriture.

 

Marie Jeanne, son petit bouffi aux mains tripatouilleuses, son "arrêtez ou j'appelle", son chandelier sur la cheminée, son fils à la fenêtre, sa bonne à la porte et son mari qui arrive et pleurniche "Ah, nos sous! Nos sous !"

 

Du banal, que je vous avais dit,

Du banal de comédie de boulevard, quasiment du Feydeau au Grand Pardon de Saint-Thégonnec .

Bon...

Bon...

Bon, bon, bon et encore bon...

 

Je vais pas bouder mon plaisir et je vais vous dire direct

Cette histoire là, elle me va

J'accepte

Je prend

et je la regarde dans le détail

Bien de l'avis à Langlois. C'est ce qui va le mieux

C'est ce qui colle le plus à tous les problèmes qu'on s'en étais masturbé grave pour les faire entrer dans la logique, suffisamment logique pour qu'on puisse la déguster sur le sol de la cuisine tellement luisant de propreté.

 

Ouai, vous allez me dire : Tout ça, y en a d'autres qui l'on déjà dit, tu ne fais que les répéter.

 

Toi, dis nous un peu plus

dis nous un peu mieux

et dis nous, surtout, pourquoi la valise, elle a été mouillée.

 

 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 15:58

Non, Laval, en 1917, n'est pas un avocat de luxe.

 

 

 

Il défend les syndicats, les SFIO et autres de gauche et, à l'occasion, des anar , des inscrits au carnet B. Côté politique, socialiste très indépendant, il vient de refuser à Mendel d'entrer au cabinet Cléménceau, préférant , sans doute, continuer à fréquenter les discussions des arrière-salles dans les cafés d'Aubervilliers.

 

 

Pour moi, c'est peut-être De Jaegher qui l'a contacté pour lui demander le nom d'un avocat qui pourrait défendre Seznec et Laval lui aurait indiqué Moro-Giafferi , un autre socialiste, qui plus est, fils d'une auvergnate.

 

 

 

Mais Laval a certainement perçu le danger, pour lui et d'autres de ses copains, de parler des trafics sur les stocks et de tous les zoniers, qui y ont trempé et qui votent pour lui.

 

 

La consigne a dû être donnée.

 

 

 

La police a compris.

 

 

 

Mais pas Seznec.

 

 

 

Et encore moins, quand, après le procès, Marie Jeanne réactive la piste Gerdhi

 

 

Moi, je vois assez bien à ce moment là, et je vous l'ai déjà dit, il y sept ans, un monsieur Maurice Privat, inspiré par Laval , détourner les regards des foules vers un plan , à Plourivo, avec beauf', nanas dans le plumard, partie de jambes en l'air et PAN ! PAN! coups de révolver , ça fait assez époque....et , surtout, ça marche...

 

 

 

Laval se serait bien débrouillé, à tel point que tous les politico-machins ont répendu la peste sur qui pouvait caindre d'un tel scandal puisse salir une réputation qui... de toute manière en verrait d'autres.Jean Chiappe, plus filieux et plus renseigné que tous , s'en est même mêlé et a refilé la chtouille à sa "descendance".

 

 

 

Allez, bon,

Ca fait un peu scénario.

 

 

Mais qu'est-ce qui n'est pas scénario dans la vie ?

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 16:16

Salut les enfants,

 

Je fais une fixation autour de la valise....

Et ma question à moi, c'est comprendre pourquoi elle est mouillée

Et puis comprendre pourquoi la carte d'identité, elle est pas mouillée...

Je me fixe

Sur ce que disent les uns

Sur ce que disent les autres

et là aussi, c'est le grand mélange

 

C'est pas compliqué , quand même de donner une copie intégrale d'un PV. Il doit bien y avoir quelqu'un qui en a fait une copie...

 

C'est pas compliqué non plus, si la carte d'identité n'est pas mouillée c'est qu'elle n'était pas là quand on a mouillé le reste. C'est évident. Donc, il est évident qu'elle était dans la poche à quelqu'un qui voulait s'en servir...suivez la logique... à retirer un dépôt dans une poste restante et qui l'a remise après dans la valise...

 

Et c'est quoi qui l'avait mouillée, la valise ?

On va nous dire que c'était de l'eau de mer. Le petit fils nous dit qu'il a fait faire des analyses mais j'ai pas trouvé où c'est qu'il parle des résultats.

Et puis, son résultat, je m'en fous. Y peut y faire dire n'importe quoi à ses analyses. Alors...

 

L'eau de mer ? pas spécialement, il y a de la boue, beaucoup. Mais quelle boue ?

 

Il faudrait rechercher une description exacte de la valise et de ce qu'il y a dedans, quand elle a été saisie et quand elle a été présentée à Jenny? Ça s’appelle des PV, et puis ce que la police a fait faire comme analyse...

Ah oui, ne pas oublier que la sœur, elle dit qu'il manque un costume.

 

Y a un autre truc qui m'énerve depuis ce matin,

C'est le monsieur qui est mécanicien dentiste.
Chapeau à l'artiste qui a dégoté tout ça. Et merci pour la ref du journal, parce que l'article , il est vachement intéressant.

Je suis pas un folichon de la prose à Denis, mais , dans ses pages, il nous dit que Quéméneur va chez le dentiste juste avant de rejoindre Seznec à la terrasse de l'hôtel trucmuche changer des dollars contre quelques hectares de bois. Enfin, le contraire.

Tiens, tiens, que ça fait dans ma tête. Et maintenant qu'on sait qui c'était le dentiste...Ça fait qu'une question en plus.

Allez, allez, les enfants. Pendant que je me ferais bronzer au soleil des Caraïbes dès demain soir, remuez vous les méninges que je sois un peu moins con à mon retour, surtout que nous allons avoir des révélations....

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 18:30

 

 

Le mal-être de l'auteur m'effare.

 

 

 

Oui, j'en reviens à la page 535 de son bouquin.

 

 

 

Mais comment ais-je pu croire à tout cela pendant 25-30 ans ?

 

 

 

J'ai passé une partie du week-end à relire pour la trentième fois Denis Langlois. Pour revenir à un autre Seznec.

 

 

 

Et là, ce matin , suite un message sur le forum, retour à la page 535 et ses petites sœurs suivantes.

 

 

 

Le summum du stupide , du niais, du jobard : Quéméneur présent (peut-être, soyons juste) au mariage de Jacques Bardoux.

 

 

 

Le summum de l 'ignard : une pleurnicherie sur les petits gars de 14-18, " ruraux et laborieux, alors que toute une partie du beau monde, pistonné, planqué " . Ça me donne envie de lui envoyer à la face mes deux grands-pères, riches aristos qui ont failli perdre la vie à Verdun, comme tout le monde.

 

 

 

Le summum de la mauvaise foi , page 540 : trois hypothèses principales.Mais il en manque une , mon bon Monsieur : celle qui a fait l'objet d'une enquête, d'un procès, d'un verdict, la responsabilité de Seznec.

 

 

 

Et puis , en quatrième de couverture, « un triller politique où la réalité dépasse la fiction » Je crois que le journaleux de Lyon- Matin n'a pas du remarquer sa malheureuse inversion...

 

 

 

Bon, je veux bien, écorché vif c'est pas facile à vivre

 

 

 

moi, je ne le suis pas

 

mais si j'y étais

 

est-ce pour autant que je dirai du n'importe quoi comme celui là ?

 

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22 janvier 2015 4 22 /01 /janvier /2015 18:12

Allez, les enfants, aujourd'hui c'est la récré, on fait de la fiction :

Quel crétin, ce Guillaume,

non mais quel crétin

C'est peut-être bien mon marri,

mais quel crétin .

Il arrive à Morlaix, il est une heure du matin.

Dans sa voiture, bruyante comme tout.

Il est crevé, esquinté, il ne tient plus debout.

Et le voilà qui m'engueule, avec sa voix sourde, froide ,

qui me reproche de coucher avec Quéméneur,

que le Quéméneur, il ne couchera plus avec personne,

parce que le Quéméneur, il est mort

et que....

et que...

Et le Guillaume, le voilà pas qu'il s'effondre, se met à chialer comme une fille

et qui crie

et qui pleure

et qui crie et qui pleure encore et qui crie des trucs que je ne comprend pas

et que ça ne s'arrête pas.

Des hurlements de cheval blessé.

Et puis des mots, dans un désordre...entre des sanglots ; des silences, des bavements.

Des mots...

J'allais le piéger, ce salaud

on avait monté le coup

il allait raquer

tout son fric

c'était bien fait

un salaud comme lui

le fumier, l'ordure

me faire ça à moi

t'es quand même ma femme

ça a duré deux heures,

j'ai rien dit, ou pas grand chose.

Dans ma chemise, un châle sur les épaules, j'avais froid,

j'étais raide,

l'estomac hors de moi.

Je pensais tout le temps « Quel crétin, non mais quel crétin »

J'ai fini par lui mettre la main sur la sienne,

à la caresser.

Ça a calmé ses débordements

Ça a calmé sa folie

J'ai continué

On a continué

Jusqu'à ce qu'il explose , doucement, lentement, délicieusement en moi.

On a pleuré . On a parlé . Lui, a parlé, moi, beaucoup moins.

Il m'a dit que depuis des mois, ce qu'on disait autour de nous, Quéméneur trop souvent à la maison, les allusions qu'elles faisaient, les bonnes-femmes, il y avait cru,

dans sa tête, ça avait fait du mélange, du vomis : « les salauds, je vais les tuer...Marie-Jeanne, elle ferait pas ça...le fumier, il croit qu'il l'aura comme une traînée »...

et puis tout,

tout ça, des folies...

« je vais le faire payer »...

Guillaume m'a raconté ses singeries avec Valoris, un type que De Jaegher lui avait fait rencontré, . Ils lui avaient raconté des histoires sur la vente des voitures à Paris, un truc où lui et Quéméneur avaient déjà trafiqué autour des stocks , « beaucoup de pognon, et ben , ça redémare » et puis des adresses qu'on pique à un autre escroc qui essaie de pigeonner Quéméneur. « Il va cracher, le salaud »

On va à Paris.

Ben non, ça a mal tourné : près de Paris, fatigués. Dispute. Guillaume me met sur le tapis. Pierre, ça lui tourne les sangs. On s'égare. On s’arrête. Les mots , encore les mots, de plus en plus assassins. Les coups partent, pleuvent. Pierrot s'effondre. Mort.

« -Tu comprends, j'savais plus quoi faire...je suis rentré...

-et lui ?

-il est dans la voiture »

Quel crétin !!

Non mais quel crétin !!!

J'ai du faire, agir, seule. Seule à réfléchir . Seule à imaginer la suite, à voir l'avenir.

J'étais déterminée. Une détermination que j'avais déjà connue mais cette fois là , sans limite.On devait absolument s'en sortir.

Guillaume a suivi, comme un petit mouton.

On a brûlé le corps dans la chaudière. J'ai dit à Guillaume d'aller au Havre faire croire que Quéméneur s'y était rendu. Il y est allé avec la valise qu'il devait abandonner dans la gare. Il y a fait un faux télégramme. C 'est là que j'ai appris qu'ils avaient aussi manigancé pour un papier qui nous rendait propriétaire de Traou-nez. Va pour le papier, qu'on a glissé dans la valise, avec des fausses signatures . On y a mis aussi le carnet des dépenses, traficoté lui aussi, et le portefeuille. C'était mouillé, ça avait pris l'eau, en traînant par terre, je ne sais plus où.

Valoris, entre temps, avait essayé de toucher un chèque à Paris . Ça avait raté.

Ce crétin de Guillaume revient à Morlaix avec une machine à écrire qu'il a achetée au Havre pour qu’on refasse les promesses de vente. N'importe quoi. Mais vraiment n'importe quoi !

Et puis, il est convoqué par la police. Je coud vite dans sa veste de l'argent, des gros billets qu'on avait trouvé dans le portefeuille de Quéméneur ? Ça pourrait lui servir, et lui , ce crétin , il laisse dans sa valise, les brouillons que je lui avait faits pour le carnet des dépenses... Encore n'importe quoi .

Je ne sais pas, mais devant tout ce qui nous attend, je me dis que ça va être très difficile.

J'ai pitié de lui

oui, pitié...

ça me fait pleurer

Quéméneur ? Un prétentieux que j'aurai mieux fait de ne pas rencontrer.

Ça ne me fait pas pleurer.

Tous ces dollars....finalement ils ont fondu bien vite...les dettes...beaucoup trop de dettes.

Ça me fait pleurer aussi.

Mes enfants.
Ils me donnent la force.

Pour avancer.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 22:52

Voila,

un peu de mise à jour, un peu de nouveau look ?

Non. L'affaire des Cadillac n'aura jamais de nouveau look.Son look, c'est toujours celui des brouillards, des fumées qui cherchent à cacher l'essentiel,

mais c'est quoi l'essentiel ?

A ce jour, ce serait une histoire de fesse, de cul, disent certains, de cocu disent les autres. Ça dépend de la chaise sur laquelle on est assis .

Tout bonnement, c'est une histoire banale, que du très banal.

Ouai, mais ça n'explique pas tout

et même pas grand chose.

On verra ça, le douze février 2015 , on verra ça.

En attendant, mes chers enfants, j'ai un peu fouillé.

Et tiens, je vais vous dire ce que j'ai trouvé sur Joseph Valoris.

Vous avez en mémoire que

Ce Valoris, c'est le nom d'une photo et d'un programme électoral que la police a trouvés en perquisitionnant chez Quéméneur, dans son bureau en désordre, sur le coin d'une étagère.

C'est le nom d'un ingénieur parisien à qui Quéméneur s'adresse, début 1923, pour obtenir des renseignements sur De Jaegher, qui a fait faillite et ne peut lui payer une très forte dette. Quéméneur voudrait savoir si il est vrai que De Jaegher doit toucher une part des bénéfices qu'ils percevraient ensemble de l'exploitation d'un brevet (une pile électrique, à ce que j'ai compris).

C'est le nom d'un quidam poursuivi par le Juge Hervé, juste avant que celui-ci ne soit « viré » de la magistrature.

Et même, chez Madame Langellier, vous n'en trouverez pas plus.

Alors, je prend Madame Google par les sentiments et lui demande d'ouvrir sa boite à mystère.

Je vous les restitue dans l'ordre où je les ai trouvé, ça fait plus suspens.

Ouest-Eclaire , 1925.03.07 : passe au tribunal l'affaire De Jaegher contre Valoris. De Jaegher a porté plainte pour escroquerie contre Joseph Valoris, il n'y aurait pas plus de bénéfices que de brevet d'exploitation. On ne nous dit pas combien De Jaegher avait investi dans l'affaire , mais Valoris est condamné.

Ouest-Éclaire 1919, élections municipale de Brest. Joseph Valoris, candidat indépendant recueille 900 et quelques voies.

Dans le même journal, au 9 juillet 1937, décès dudit Monsieur, à Saint-Pol-de-Léon. Son domicile serait au 403 rue de Vaugirard à Paris.

Dans le Petit-Parisien, le 19 mars 1925, une histoire édifiante et ridicule ou l'on retrouve Valoris. Ayant fait financé par quelques bourgeois en mal de placements rémunérateurs, un fabrique de perles industrielles, il se voit licencié de son poste de directeur de la fabrique par les dits bourgeois et ce, de manière assez leste. Le directeur et son adjointe dépensaient à des fins personnelles les investissements, sans qu'il y ait une quelconque production. La police le met en prison.

Ouest-Éclaire du 12 octobre 1934 : sur le ton de la rigolade, le journaliste nous raconte comment Valoris et sa « femme » vivaient au frais d'un hôtelier un peu naïf de la ville de Fougères. Celui-ci avait bien voulu croire à une prime de deux millions que le gouvernement allait verser à Valoris pour l'exploitation d'un brevet mirifique.

Enfin, cerise sur le gâteau, google-image m'offre la photo du Monsieur, en première ligne du résultat de la recherche. Je clique fébrilement et trouve la page amitrtlu.free.fr/histoire de TRT qui me raconte l'affaire.

Je résume.

Valoris, qui n'est pas ingénieur et serait né à Brest, aurait piqué l'idée d'un brevet à un ingénieux marin dans le domaine du guidage « radio » des navires. Enfin quelque chose comme ça. Il entre en concurrence avec un autre breton qui fondera la TRT. Conflit entre les deux hommes mais conflit aussi au niveau électoral du côté de Guinguamp . Plainte. Le juge Hervé enquête, et très « fonceur » colle Valoris en prison après des recherches musclées. Tout ça ne plaît pas à la hiérarchie qui sévit en faisant placer Hervé à l'asile psychiatrique !!! A sa sortie , Hervé démissionne. Valoris s'est éclipsé.

Je vous rappelle qu' Hervé avait déjà enquêté à Plourivo, une première fois mais que son rapport était oublié sur le bureau du Président des Assises de Quimper.


Hervé a-t-il su que ce Valoris avait été sollicité par Quéméneur ? Certainement pas, il n'avait pas eu accès au dossier.

Au fait, je me dis que si j'avais été Valoris en 1923, j'aurais certainement essayé d' appâter le gros poisson Quéméneur...

Voilà donc, un peu rapidement, ce Monsieur Joseph Valoris.

Je me pose quelques questions sur les fréquentations de MM. Quéméneur et Seznec :

Vaquié, faux banquier

Valoris, faux ingénieur

Gautier, avocat rayé du barreau

mais tous les trois vrais escrocs

qu'on avait pourtant sous les yeux

mais que personne ne nous avait décrits comme tels

Ouai... je me pose des questions

une fois de plus.

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 19:25

Et pourquoi pas ?

le temps,

il est temps,

d' évoquer Joseph Valoris ?

Ça vous dit , les enfants ?

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 19:26

Bonsoir

 

Je ne vais pas avoir le temps de vous écrire grand-chose, côté Seznec, ces jours prochains.

 

Alors vous allez en profiter pour faire tourner vos neurones sur une question. Et quand je reviendrai , j’aimerai bien lire vos suggestions.

 

Ma question la voilà

 

Qui, du plus haut au plus bas de l’échelle, dans le personnel politique a eu intérêt à couvrir un minable trafic de voitures à bout de souffle , destinées à personne et qui aurait eu lieu entre Janvier et Juin 1923. ?

 

J’insiste sur les trois données incontournables

 

-Voitures archi- usées( les deux exemplaires cités  en font la preuve)

 

-Aucune clientèle

 

-A peine six mois pour effectuer les transactions ( Je sais, les évènements ont du bruquer la fin de la partie)

 

Pour vous aider un peu, je vous rappelle deux témoignages de deux amis de Quémeneur, son banquier et l’ancien maire de Landerneau : en gros et en moins moderne, ils lui ont dit «  C’est quoi cette arnaque ? »

 

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  • : Affaire de cadillac
  • : Histoire d'y voire un peu plus claire dans la disparition de Pierre Quemeneur et dans la condamnation de Guillaume Seznec
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