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20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 15:09

Et ben , les enfants, ça c'est du nouveau.

 




En effet c'est qui cette si fraîche jeune fille ?

 

Regardez cette grâce dans le visage, ce charme dans le sourire, cette élégance dans le port.

 

Et voyez dans les yeux cet éclair d'intelligence et de bienveillance.

 

Et dites moi , vous savez qui c'est ?

 

Aimée d'Alton, amante d'Alfred de Musset, puis femme de Paul de Musset, son frère.

 

Mais aussi grand tante d’Édouard d'Alton, un bon copain de notre cher Gaston Vacquié, le type qui vous a écrit des pages assez bien documentées sur ses relations avec Pierre Quéméneur.

 

Il a fallu que je trouve, enfin, des références sur la BPC aux Archives Nationales, dossiers que je vous jure, je vais aller voir bientôt, pour que je tombe sur le nom de cet Edouard d'Alton, escroc de bas vol mais tout aussi amusant que Vacquié.

 

En effet, né dans le Gers dans une famille d'aristo bien pourvue en généraux et autres références à l'histoire de France, après une formation d'ingénieur, dès 1911, à Nice, il procède à des vols de bijoux en donnant au brave commerçant , un chèque sans provision, puis à des vols de dentelle ( et oui , de la dentelle !!! de grand prix, cela va sans dire). Sa famille se fâche. Et elle l'expédie dans ces terres lointaines, loin des bruits parisiens, loin de la réputation qu'on s'y crée, l'Amérique du Sud, Rio de Janeiro (- rappelez vous, votre grand oncle Pierre, même destination pour soigner ses chaudes-pisses et oublier ses dettes aux courses-).

Là, il épouse une demoiselle de la noblesse italienne, mais née à Nice et lui fait deux bambins.

De retour en France il laisse quelques traces dans la presse :

En 1922, et je les avais trouvées il y a déjà trois ans, il y a deux annonces dans Le Journal du 5.10.1922 proposant des associations mirifiques à un certain Dalton, 150 avenue du Maine, vous savez, l'adresse de la Banque Privé Commerciale, avec une précision, il s'agit de machines agricoles.

Plus tard, en 1924, la société qu'il a créé, établissement Willy, fait des faillites, semble-t-il répétitives.

 

En 1927, le sieur d'Alton, ou plutôt, le comte d'Alton, fait parler de lui une dernière fois par un vol de voiture dont le procédé tient d'une certaine insouciance. En effet, il dépose la bagnole chez le garagiste après l'avoir volée, pour la faire retaper afin de la revendre plus chère... Tout un poème...

 

Bon. Puis plus rien, en tout cas dans la presse. Il est mort à 72 ans, dans la Côte d'Or. C'est roglo, un site de férus de généalogie, qui me le dit.

 

Pensez bien qu'un mec pareil, si il avait fait lui aussi le félibre, ça m'aurait arrangé, mais toujours pas moyen de trouver des annuaires de cette satanée corporation.

 

Et puis, cette accointance avec les machines agricoles et les bagnoles, ça fait comme des résonances dans ma tête mais je suis pas du genre à me monter le bourrichon. Juste pour dire à la paire de grincheux, t'en fais pas, j'y ai pensé, mais c’est pas dans le propos.

 

Bon, mais qu'est-ce qu'elle est mignonne , Aimé d'Alton sur son portrait sorti de la BN, et vous me connaissez, rien que pour elle, je me devais bien de sortir du trou son Édouard de neveux.

 

Une autre fois et si ça me chante, je vous donnerai des images pieuses, comme les bons Pères de l' Enseignement Chrétien, les clichés des articles de presse.

 

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15 mai 2018 2 15 /05 /mai /2018 19:03

Bonsoir les enfants

La photo, c'est pour faire mode. De plus, il parait que c'est le signe de ralliement des blogueurs bien inspirés et particulièrement perspicaces. Un truc comme le fer à cheval  ou la bouteille de limonade.

 

 

 

 

 

 

Le lendemain, Marie Jeanne s'est réveillée. Elle m'a raconté les mains de Pierre...

Je lui ai dit que j'avais brûlé son corps.

Un silence, très long, s'est installé entre nous.

 

Finalement, j'ai proposé que nous jurions, avec Angèle, de ne jamais rien dire.

 

Et qu'il faudrait raconter que Pierre avait sans doute continué son voyage vers Le Havre

Et que nous lui avions donné nos dollars, pour acheter Traou Nez

 

Et que si l'un de nous se mettait à parler

nous irions tous en prison

 

C'était simple.

 

La suite ? Ça a été de pire en pire.

 

D'abord il a fallu raconter à sa sœur, que , oui, je l'avais laissé juste avant Paris ; et après, oui, il avait été s'occuper d'affaires, je savais pas bien quoi.

 

Le 2 juin, c'est moi qui suis retourné à Paris. J'ai fait semblant de chercher où il s'était arrêté . Et comme c'était le jour où devait avoir lieu la totalité de la première livraison, j'ai contacté deux ou trois potes qui auraient pu en entendre parler. Mais rien.

 

Je suis surtout allé voir un certain Gautier, avocat, qui avait signé le reçu, sur une carte de visite. Je l'ai approché en lui racontant mon affaire d'huissier. C'était un drôle de type. Un vieux. Grand. Les cheveux blancs pendouillant en mèches élégantes, comme les artistes. Il parlait bizarre, avec un accent du midi et portait une jaquette râpée comme avant la guerre. J'ai pas su comment aborder la question et je suis parti sans rien comprendre.

 

Après, il a fallu encore raconter des histoires à la famille qui commençait à s'inquiétér.

 

Kerné et moi, on a filé au Havre d'où j'ai envoyé un télégramme bidon à la sœur disant qu'il se portait bien. Je suis rentré seul mais avant de prendre le train, j'ai acheté une machine à écrire, la plus grosse connerie de ma vie. Si j'avais su...

 

Quelque jours après, avec Kerné, on a refait les promesses de vente, on les a tapé à la machine et j'ai fait toutes les signatures, oui, parce que je n'avais jamais eu beaucoup de mal à imiter les écritures.

 

Et puis, il ya eu Marie Jeanne à qui je disais pas trop ce qu'on traficotait avec Kerné. Elle se rongeait les sangs. Parce que ma mère, elle s'est mise à me raconter tous les ragots qui circulaient. Et pourquoi, que le Quéméneur, il passait si souvent à la maison et pourquoi que des fois, il restait là, à dormir, et c'est quand qu'il va revenir de son voyage ? Et pourquoi qu'il est pas venu à la noce de sa filleule ? Et pourquoi que le Pouliquen, il pose autant de question ? Et ta Marie Jeanne, elle en pense quoi de ce voyage ? Et c'est où ? Elle sait peut-être bien où que ce serait, ils se voient si souvent, il lui a peut-être bien pu lui dire..... Marie Jeanne, elle l'a su tout ça et elle en a été encore plus malade. A moi, au fond de mon cœur, ça m'a fait quelque chose. Du pas bien joli. Un flamme grise, très grise...

 

C'est Kerné qui a été déposé la valise , dans la salle d'attente, parce qu'il fallait bien que ça donne l'impression qu'il avait pu prendre un bateau , pour les Amériques. Mais fallait qu'on retrouve des traces ici. Et fallait aussi que les promesse de vente , on les retrouve. Sinon.

Kerné, il avait eu l'idée de tremper la valise dans la flotte, juste pour que ça mouille un peu les écritures, histoire de les rendre un peu flou.

Mais j'aurais jamais pensé que ça allait faire basculer la police dans l'idée que c'était un crime. C'est Pouliquen qui leur a flanqué ça dans la tête. Il devait avoir une dent contre moi, le Pouliquen. Pourquoi ? J'ai jamais su. Pourquoi il a tout de suite pensé que j'avais tué Pierre et surtout qu'il s'est empressé de le dire à la police ? Il a vachement insisté. Il avait un tas de renseignements sur moi ;

Entre notaires....une sacrée brêle , celui-la, en tout cas. Un bon à rien que si Pierre lui avait pas acheté son étude, il serait resté un petit scribouillard de rien du tout à faire des lignes et tirer des traits chez ses patrons.

A peine le télégramme entre les mains de Jeny, il braille que c'est certainement un faux !

A peine la valise retrouvée, il affirme qu'on a tué son beau-frère. Et suivez son regard …

 

Ça, j'avais pas prévu.

La police, elle a pas mis tout ça entre parenthèse. Elle m'a aussitôt appelé à Paris et m'a interrogé.

Et là, catastrophe ! Je suis incapable de dire où j'ai laissé Pierre.

Ah,bon,qu'ils me disent. C'est Dreux ou c'est Houdan ? Et moi, je dis Houdan. Et vlan, y a pas de train ! Alors, ça serait Dreux ? Mais à quelle heure ?

Et voilà qu'on construit toute une théorie et qu'on retrouve des gens qui m'ont vu, qui sont certains que c'était moi, la nuit, le jour, avec mon chapeau sur les yeux, de dos, de loin …..

Et moi, je répond de plus en plus faux.

Et de dire, à tire larigot, « Mais montrez le moi le cadavre. Puisque vous dites qu'il est mort ! Puisque vous dites que je l'ai tué !»

Et voilà, c'est moi qui ait tué Quéméneur.

Et on en sortira plus jamais.

J'ai tué Quéméneur, d'un coup de cric, après Houdan dans la soirée du 25.

Et pourquoi ?

Parce que je voulais m’approprier Traou Nez avec des fausses promesses de vente !!! C'est pas croyable, ils avaient compris certaines choses en se fondant sur des trucs complètement inventés, poussés par la hargne du Pouliquen !!!

 

Et moi, je répète qu'il y a là- dessous une affaire de trafique de cadillac. Mais ça ne fait rien, on prétend que j'invente et on revient à leurs obsessions.

 

Tout s'est retourné contre moi.

 

D’abord, le départ vers l'Amérique, on en a plus jamais parlé.

 

Puis, ma vie et mes affaires. C'était du pas bien reluisant. J'étais devenu un très sale type. Oh, pas un voyou, mais un malin, un filasse, un pas très franc. En plus, endetté jusqu'au trognon, qui n'arrêtait pas de faire des faux, et même, qu'en prison, il voulait absolument acheter des faux témoins. Ben oui, les faux, ça me connaissait...

 

Tout ce que je disais, à ce moment là, ma femme, sans cesse interrogée par les journalistes, elle a dû le confirmer, dans les plus petits détails, ou alors, elle disait qu'elle ne savait pas. Elle a jonglé à n'en plus finir, presque comme une folle . Écouter et comprendre comment elle devait réagir .

Et moi, je me mettais de plus en plus dans le crâne, qu'elle m'avait peut-être menti au sujet de Pierre, elle l'avait peut-être laissé faire, assez pour qu'il espère.

C'est vrai qu' à son âge, Marie Jeanne, elle était toujours aussi jolie. Elle avait toujours été comme ça, une sacrée femme, pleine de caractère . Et plus qu'attirante. Elle avait de la passion dans notre intimité. Souvent, quand je revenais de mes longues courses dans le pays, à n'importe quelle heure du jour, elle s' agrippait à moi et nous montions à toute vitesse dans notre chambre, pour laisser déborder, l'un comme l'autre notre désir l'un de l'autre. C'était violent mais tellement tendre . Et ça, depuis que nous étions mariés.

 

Alors ce petit Quéméneur ? Ce petit cochonnet ? Et pas bien joli ? Qu'est-ce qu'il aurait eu en plus que moi ?

 

Et puis j'y croyais plus .Je passais à autre chose.

 

Mais ça revenait encore.

Un jour, en prison, à Morlaix, j'ai lâché les amarres. J'ai voulu mourir. Ça me faisait trop mal. Je ne sais pas si Marie Jeanne, elle a lu ma lettre. En tout cas , j'ai espéré que non parce qu'au bout du compte, j'ai eu honte.

J'ai remonté la pente. Très lentement.

Jusqu'à l'arrivée du procès.

 

Je m'étais enfermé moi-même dans un toile d’araignée de mensonges. Tous plus stupides les uns que les autres. Et je ne pouvais que crier que tous les témoins mentaient, qu'ils étaient payés par la police. Ce ne fut qu'une suite infinie d'absurdités.

 

Et qu'on te présentait le Pierre comme un saint, si parfait si gentil, si honnête, si propre, si généreux. Fallait pas exagérer quand-même !

 

J'ai pas bien compris pourquoi, qu'à la fin les gros benêts du jury , ils m'ont pas envoyé à la guillotine. Si j'avais tué Quéméner , je méritais la mort....

Parce qu'il n'y avait pas de cadavre ? Peut-être.

On a raconté, je sais pas trop où, qu'on leur avait dit que c'était une histoire de cocu. Et ça, je le sais depuis pas bien longtemps.

Et vous vous croyez que ça aurait pu faire pencher la balance ? Moi, pffff....

 

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 17:58

Bonjour, les enfants.

Dans le silence de ma chambre, je vous ai imaginé le troisième volet des confidences de Seznec.

Bonne lecture et n'oubliez pas, c'est de la fiction.

 

 

Arrivé très en retard, à cause des crevaisons, j'ai retrouvé Quéméneur à Rennes, dans l'hôtel, avec des potes en train de prendre un apéro. Je crois qu'il y avait là Roussel, mais c'est qu'un souvenir. On s'est mis dans un coin et on a compté les dollars. 2020, qu'il y en avait. C'était pas mal, quand même. Quéméneur, il était contant et il téléphone aussitôt au type de Paris qui lui a dit aussi de faire refaire le chèque de Pouliquen, une combine pour qu'il puisse toucher le liquide plus facilement. Après, Quéméneur, il me signe , en double , la promesse de vente de Traou Nez. On est allé à la poste envoyer un télégramme. Puis, on a traîné à boire des verres dans un cabaret plutôt sinistre et on s'est couché.

 

Le lendemain, ç'a été un calvaire, comme on dit.

Des pannes et encore des pannes. Des crevaisons et encore des crevaisons. . Oui, je sais,-que je lui ai dit-, c'est ma voiture et j'ai pas fait attention pour qu'elle soit capable de rouler jusqu'à Paris. J'avais déjà dans la tête qu'elle n'était plus à moi, la bagnole, Je l'avais gagée, auprès de Quéméneur. Et puis, on allait la vendre . Faire des frais dessus ? En plus, qu'elle avait jamais bien marché. Pourquoi son cousin Jestin m'avait dit qu'elle irait bien jusqu'à Paris. C'était de sa faute à lui...

 

Le soir, on était à Dreux ou Houdan, j'ai jamais su, quand Quéméneur, il me réveille. C'était lui qui conduisait. Il me dit de voir pour continuer. Lui, il prend le train , pour être sûr d'être à son rendez-vous. Il faut surtout pas le louper. Et puis c'est le dernier train. Non . Continue -Qu'il me dit.- Ou fais demi-tour. Et tu fais réparer la bagnole, par ton type, à Morlaix. De toute façon, je reviens Dimanche en Bretagne, juste un aller et retour. On verra après. Il faut surtout que je donne les 100 000 francs, tu comprends, il faut arrêter le marché. C'est le plus important.

 

La suite ?

La nuit dans la voiture, le froid, la fatigue.

Et la crainte que ça ne marche pas.

Ben oui, quoi . Et si, Quéméneur, il ratait le rendez-vous. Et si l'affaire ne se faisait pas ? Et si, et si et si et encore des si ! Et mes dollars dans tout ça. Je les reverrai ? J'avais peut-être été trop confiant, trop crétin, trop con . Non, allez, j'avais la garantie de Traou Nez. C'était pas perdu, loin de là...

 

Tout ça, ça a tourné das ma tête pendant tout le retour.

Et je ne pouvais pas le joindre, non, aucun moyen de le retrouver pas plus que lui, il aurait pas su ou me m'appeler.

Finalement, je me suis pressé, mais tu parles, avec cette bagnole, se presser.... Mais bon voilà, les réparations, ça a assez bien tenu. Et même les pneus. Au Ponthou, à la fin, j'ai roulé sur les gentes, j'en avais tellement marre.

 

J'arrive à Morlaix, le dimanche , en fin d'après midi.

 

C'est pas la peine que je vous fasse ça dans les sentiments.

 

Ni même dans le détail.

 

Faire simple, ça passera mieux. Parce que je l'ai encore en travers de la gorge. Un boule qui se coince, là. Et une énorme.

 

Bon.

 

Dans la maison, comme le tic-tac d'une horloge, un hoquet régulier. Sur une chaise, Marie Jeanne, immobile, semble incapable de voir, d'entendre. Elle est en chemise de nuit, les cheveux défaits et fixe un infini qui ne me concerne pas. J'ai essayé d'attirer son regard, mais elle ne m'a pas vu . Ses mains se tordaient l'une sur l'autre. Angèle est entrée dans la pièce et elle m'a tout raconté. Quéméneur qui arrive le matin, ses plaisanteries et puis les mots timides et enfin ce hurlement de Marie Jeanne. Elle m'a emmené dans la salle où le corps était étendu dans la raideur d'une mort glacée . Un maigre filet de sang figé sillonnait le front. Les yeux, toujours ouverts, vitreux, s'attachaient à l'espace devant lui, les pieds de la table, les pieds des chaises et le bas d'un mur.

 

J'ai eu l'impression brutale de partager avec lui un froid immense, puis, peu à peu, au contraire, la fièvre m'a pris et, dans ma tête, la course folle de mes idées, de tout ce qui allait suivre. Angèle me répétait -mais c'est un accident-elle ne l'a pas fait exprès- et puis, lui, avec ses mains-...Tout ça , ça m'a fait horriblement mal. Je voyais déjà la prison pour Marie Jeanne, la ruine pour nous, la misère pour les enfants, la honte....

Comme Angèle disait que personne ne l'avait vu entrer, ça elle en était sûre, j'ai eu un sursaut et comme un somnambule, j'ai traîné Pierre . Et l'ai fourré dans la chaudière de la machinerie. Et j'ai bourré le foyer avec des bûches et j'y ai foutu le feu. Toute le nuit, j'ai ajouté des bûches, et encore des bûches pour alimenter ce putain de feu.

 

Angèle avait raccompagné le gamin au collège et réussi à coucher Marie Jeanne dans son lit.

 

A un moment je suis allé cherché Kerné et on a discuté de ce qu'il fallait faire. Kerné, c'était un type très discret, très silencieux. On s' était toujours bien entendu.

 

Il m'a dit qu'il fallait faire croire qu'il était resté à Paris et même qu'il avait continué son voyage ailleurs. Ça se pourrait que tout le monde , il y croirait à ce voyage, c'était déjà arrivé que Quéméneur, il parte longtemps, et qu'on pourrait pousser à cette idée , après tout. Mais faudrait être prudent.

Quant aux dollars, on trouverait peut-être à Paris ce qu'ils étaient devenus.

En fouillant dans la valise de Quéméneur, on a trouvé des papiers mais rien qui nous disait quelque chose sur la vente des voitures. Sauf un reçu pour du liquide , en franc et en dollars. On verrait plus tard. Quand aux promesses de vente de Traou Nez, ça serait pas compliqué de les refaire, et surtout changer le chiffre de l’acompte.

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14 mai 2018 1 14 /05 /mai /2018 15:23

Vous avez appris quelque chose, les enfants, en regardant le 13h 15 ?

 

Moi. Rien absolument rien en dehors d'une confirmation , que je me répète à l'infini depuis , je sais plus ….des lustres : on prend vraiment les gens pour des cons, ça oui, des cons. Et comme les générations se succèdent, il y a toujours moyen de leur resservir la soupe à con sans qu'ils en soupçonnent la réitération.

 

C'est pas de leur faute, faut dire.

 

Y'z avaient manqué il y a trois ans de faire du scoop sur le bouquin à Langlois et y'z avaient pas vu qu'il y avait quand même du neuf dans l'affaire Seznec.

 

Et maintenant y'z ont pas rougi en braillant à corps et à cris que ce serait la grande finale.

 

Et voilà t'y pas qu'on nous exhibe un Denis moitié bafouillant qui pleurniche en sortant de sa manche une centenaire incapable de dire trois mots. Et puis un montage foireux de vidéos préparées des semaines à l'avance sur des fouilles miteuses où , faute de la plus élémentaire des précautions, on s'entiche de découvertes dans les quelles le ridicule et la niaiserie se disputent le premier prix avec l’ignorance la plus crasse.

Donnent leur caution à tout cela un Langlois, la larme à l'oeil, un Rouz qui doit encore se demander ce qu'on a voulu lui faire dire, eux qui avaient pourtant bien d'autres trucs à raconter.

 

Et pis, voilà nos deux Seznec, .Ah, ça oui, bien gentils, bien braves et bien sympas.Je ne sais même plus ce qu'ils ont révélé de nouveaux, tant on a déjà tout lu sur nos blogs.

Le sang sur la promesse de vente ?

La confession aux curés ?

Du pas très constructif en somme mais qui va , ça c'est sûr, alimenter les bavasseries inépuisables des commentateurs. On va par exemple , broder des heures sur la communion de la petite, mais discuter sur le chiffre exacte des dollars, que dalle. Refaire les timings à saturation du trajet Morlaix-Paris aller-retour- à pied-à cheval-en voiture-en panne-en crevaisons- en bidon d'essence, mais parler du pourquoi d'un rendez-vous avenue du Maine le samedi matin, que dalle encore.

 

C'est bien plus passionnant de dire que le fils , il s’appelait Guy et que Quéméneur était un homme politique. Ah ! le niveau d'information !!!!

 

Mais pourquoi m'emporter , après tout ?

 

Ah, oui, vous m'aviez demandé ce que j'en pensais.

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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 14:23

. « Si l’innocence n’est pas gagnée aux yeux de la justice, elle l’est au niveau de l’opinion. Et c’est le principal ».


© Le Télégramme http://www.letelegramme.fr/finistere/morlaix/affaire-seznec-une-piste-romantique-mais-pas-credible-07-05-2018-11951661.php#XIVGsCTvetLJheuJ.99

 

Cette dernière phrase de l'article du Télégramme me révolte !

 

Et d'abord, qu'en sait-il de l'opinion publique. C'est si facile de faire parler l'opinion publique ! Elle a toujours bon dos, l'opinion publique, puisqu'en dehors des votes nationaux, elle n'a pas vraiment l'occasion de s'exprimer !

 

Et son innocence , c'est quoi ?

Avoir, pour ma conviction, brûlé un cadavre ?

Avoir, et cela  pour tous les honnêtes observateurs de cette putain d'affaire ,essayé de s'approprier une petite parcelle de 90 hectares en falsifiant des actes ?

 

Parce que le motif, il est bien là !

 

Seznec n'avait qu'à appeler la police, les gendarmes et leur dire que c'était un accident.

 

Mais non,au début il a préféré tenter sa chance en traficotant et des promesses de vente, et une disparition vers l' Amérique.

 

Il a préféré mentir pendant des années, pour ne pas avouer son incurie.

 

Il a préféré s'engluer dans son histoire à la con , d'autant  que, post-mortem, elle se mue en «héroïque fantaisie » où il souffre le martyre plutôt que de dénoncer sa belle.

 

Et que les petits-fils, ils nous servent du « mais c'était béni par l'église »

 

L'opinion publique, elle y croirait , à son innocence ?

 

Moi, et je ne suis pas l'opinion publique,

 

Ce que je sais, c'est que Seznec, il a tout fait , par maladresse, pour qu'on le condamne, et il s'en est pris plein la tronche.

 

Comme il s'était bien démerdé pour acquérir Traon ar Vilin, par des procédés que j'ai qualifié de dégueulasses, il a cru qu' il pourrait se faire proprio de Traou Nez avec le même genre de pirouette, mais que la mort accidentelle de Quéméneur, il fallait mieux la dissimuler.

 

Ce que je sais, c'est que c'était encore finasserie, filouterie et autre subterfuge...

 

Du pas bien honnête !!!.

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7 mai 2018 1 07 /05 /mai /2018 18:02

Bonjour les enfants

 

Vous avez vu , les deux frères. Et bien, ça change du cousin.

C'est pas le même genre......

Ça non,

On veut bien les croire tout de suite.

C'est du simple, de l'honnête et  y a pas de la pression sur les plus hauts magistrats de la Justice, derrière tout ça, ni même sur la bonne poire de l'opinion publique.

 

C'est du tout clair

 

Mais bon.

 

Et ça, ça apporte quoi sur ce que l'on nous a déjà dit ?

 

Un peu de détail, peut-être, dans l’interprétation :

 

-le sang sur la promesse de vente. Le Quéméneur, il l'avait peut-être pliée et mise en chapeau, comme les maçons italiens.

 

-la grande religiosité des Seznec. En effet, après une virée au confessionnal, ils n'hésitent pas à mentir à la police, à tenter, par des manœuvres frauduleuses, de s’attribuer une propriété de 90 hectares et à jurer qu'ils ne diront jamais rien. Puis, après l'avoir religieusement enveloppé dans un drap,ils ont glissé le cadavre sous l'Arc de Triomphe, en compagnie du Soldat inconnu, et sous la houlette de Pierre Le Maître.

 

(Faut pas m'en vouloir mais dès que j'entends le mot « bon dieu », je sors mon anticléricalisme lourd, c'est mon côté aristo-breton...et mon stylo dérape.)

 

Bon ,moi je veux bien. C'est leur souvenir.

 

Et pourquoi, au fait, qu'on a pas parlé que la date , ce serait pas la bonne et qu'il y aurait eu deux voyages à Paris ?

C'est les journalistes qui ont coupé ce passage ?

 

Ah oui, ça sent le chapitre deux, tout ça.

 

Parce qu'on va nous la faire la suite, elle se prépare.

 

Oui, c'est leur souvenir.

 

Mais faut pas charrier, quand même. La Justice, elle a besoin d'autre chose pour revoir sa position.

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6 mai 2018 7 06 /05 /mai /2018 18:57

Bien, bien , mes enfants.

 

Ça avance.

 

Mon recit, oui je parle de mon récit.

 

 

 

Pierre Quéméneur, c'était un copain, mais un ami, pas vraiment.

 

Je l'avais connu sur des affaires où on vendait du bois et pourtant, je n'en avais jamais fait avec lui.  C'était plutôt lui qui nous recherchait, Marie Jeanne et moi,un peu comme si il s'ennuyait chez lui, comme si la vie, avec sa sœur, c'était du pas rigolo. Et il passait beaucoup de temps à bavarder sur des touts et sur des riens. Jamais en reste d'un ragot, jamais en reste d'une plaisanterie. Mais je me suis toujours demandé, c'était quoi qui le coinçait quelque part. Tout ça me paraissait comme du trop, comme du fabriqué et du pas bien naturel.

Bon, je me disais qu'il était pas bien méchant et qu'un jour, il pourrait peut-être m'aider.

 

Ça oui, qu'il m'a aidé. J'avais , comme tout le temps, bien du mal à trouver de l'argent frais et encore des dettes à régler tout de suite. Fallait que ça aille vite. Alors, je lui ai demandé de m'avancer. En garantie, il a pris ma cadillac. Une vieille carne qui n'en faisait qu'à sa tête et que j'aurai eu bien du mal à revendre sans de grosses réparations. Il m'a donné 15 000 francs et moi je lui ai laissé en gage. Je savais bien qu'il y connaissait pas grand chose en mécanique, mais il a accepté de me la prendre. Ça le regardait, après tout.

 

Et puis, un jour, il nous a proposé, à Marie Jeanne et moi, d'aller visiter Traou Nez. C'était une sacrée surface. Des bois, très étendus, complètement isolés, sur le bord du Trieux. Un endroit sauvage. Mais comme je vous l'ai dit, une sacrée surface . Bien sûr, qu'il en avait coupé du bois. Mais ce qui restait, pour ma scierie, c'était largement de quoi faire.

 

Et puis, il l'avait dit, il y avait une belle maison et que Marie Jeanne, elle s'y sentirait bien. Oui, tu parles, maintenant, là, à Morlaix, elle trouvait que c'était déjà bien différent de son pays . Et ben , à Plourivo, elle aurait même pas pu faire la comparaison : on se serait retrouvés seuls, au milieu des bois, et personne à qui causer, pendant des jours et des jours...

 

Et pourtant, je sais pas très bien comment ça c'est fait, parce qu' on a fini par se faire à l'idée. Moi, j'aurais continué à tenir ma scierie et Marie Jeanne, elle aurait fait sa patronne, sans plus trop travailler . A lire ses livres, à bavarder avec la bonne et à élever les enfants, loin de ma mère, de mes sœurs, et loin de ses frères. Parce que la famille, là, elle nous pesait . Toutes ces histoires. J'en avais trop vu, trop entendu.

 

Alors, j'ai proposé à Quéméneur un prix. Et c'est resté comme ça, dans l'attente.

 

Un jour, Quéméneur, il a commencé à ma parler d'une histoire comme quoi il avait été contacté par un type qu'il connaissait dans la capitale et qui lui avait proposé de l'associer dans une revente de voitures et de camions des stocks des Américains. Il fallait se procurer les voitures et les camions par dix et les livrer à Paris. Nous, on aurait eu juste à les rechercher dans les campagnes. Pour amorcer cette affaire, on aurait dû engager 100 000 francs. Après, les bagnoles, on nous les rachetait le double ou même le triple. Il m'a montré des lettres de son type, un certain Charly, ou quelque chose comme ça.

 

Moi, les voitures, je connaissais. J'avais plus d'une fois fait dans le trafique des stocks. Pas que des voitures, d'ailleurs. Mais c’était épuisé. Et bon, elles étaient vieilles déjà. Mais ce qu'il me disait, c'est qu'il suffisait de les emmener à Paris. Et il avait des plans, pour les retrouver un peu partout. Il m'a montré encore d'autres lettres de ce type. Il travaillait , qu'il m'a dit, à la Chambre de Commerce. Je lui ai proposé de me renseigner sur Paris où j'avais des potes qui faisaient dans les garages. Mais Quéméneur, il m'a conseiller de ne rien faire. Il fallait pas éveiller la concurrence, celle des zoniers, surtout, ces types qui étaient dans la ferraille, près des fortifs, au nord de Paris.

 

En attendant, pour donner du solide à son plan, on allait commencer par ma cadillac. Et si je voulais, je pourrais y mettre une grosse part. Les dollars à Marie Jeanne, par exemple.

 

Oui, parce qu'il était au courant. On lui avait dit, Marie Jeanne et moi, qu'on avait cette réserve. Marie Jeanne, quand elle s'était occupé de la blanchisserie de Brest, elle avait fait le linge des soldats américains qui l’avaient payée en dollars en or. Elle avait gardé son trésor, qu'elle considérait que c'était à part, pour acheter une sacrée maison et y établir les enfants.

Moi-même, je savais pas combien il y en avait. 2000 ? 3000 ? Un gros paquet qu'elle rangeait dans un boîte, cachée dans les piles de drap. Parfois, elle sortait quelques pièces et me demandait d'aller me renseigner sur leur valeur à la banque. Ou encore, elle payait les grandes occasions, les fêtes familiales. Mais c'était pas si souvent...

On avait parlé pour Traou Nez. Elle hésitait encore. Ça aurait fait un acompte. Juste de quoi arrêter l'affaire. Moi, je louchais un peu dessus. Ça aurait permis de sortir de toutes ces fichues embrouilles qui me pendaient toujours et toujours au bout du nez. Mais ça, non, jamais je n'aurais piqué petit bout par petit bout cette satanée réserve pour arranger notre situation.

 

Oui , Quéméneur, il savait pour les dollars. Mais combien exactement, je n'avais jamais été capable de le lui dire. Et donc, il me propose de de les investir dans son affaire. Mais, en garantie, il me signerait une promesse de vente de Traou Nez. Et comme ça nous rapporterait vite et gros, les dollars, ça serait vite oublié, et ils auraient finalement aidé à acheter une maison.

J'avais un peu de mal à y croire mais achetées le triple de ce qu'on les aurait payées ….Un sacré truc ! Et tout ce pognon qui allait nous tomber dans la poche, si ça marchait...

Il fallait qu'on  se rendre compte. On verrait bien avec les premières bagnoles.

 

Quéméneur et moi, on a été avertis qu'il fallait venir à Paris le 26 mai pour livrer la cadillac et venir avec les 100 000 francs.

 

Quéméneur, il s'est débrouillé pour donner le principal, j'ai su plus tard que c'était le Pouliquen qui lui remboursait un prêt. A ce qu'il m'a dit...

 

Et nous voilà partis.

 

Comme Quéméneur devait régler quelques trucs à Rennes, il est parti en train et je devais le rejoindre avec la voiture. Moi, j'avais dit à Marie Jeanne que nous devions aller vendre la cadillac à Paris et que pendant le voyage, j'allais discuter avec lui du prix de Traou Nez.

 

En fait, le matin , j'avais pris dans l'armoire, la boîte des dollars et devais l'apporter à Rennes.

 

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 19:15

Ça sent la fin, les enfants.

 

On n'a qu'une envie, c'est de se tirer vite fait.

 

Avant de prendre un mauvais coup.

 

Aussi, je vais la faire le plus rapido possible

 

la fin de l'histoire à Quéméneur

 

C'est maintenant le tour à Seznec

 

et puis,...., j'aurais aimé , quand même, qu'on me dise ce qui ne va pas dans mon affaire, ce qui colle pas.

 

Rien ?

 

Ça serait donc ce qu'il y a de moins con ?

 

 

 

Il y a trois semaines, j'ai commencé , comme je l'avais promis à Monsieur Bal, d'écrire mes mémoires.

 

Oh non, c'est pas tellement que j'avais envi de dire la vérité,

 

Mais comme d'habitude, plutôt pour mettre sur le papier mon vieux boniment.

 

Une fois de plus. Raconter encore une fois, et peut-être la dernière, ce que j'avais raconté à tout le monde.

 

Depuis que j'avais commencé, avec les journalistes qui, dès la fin juin, étaient venu m'interroger sur la disparition de Quéméneur,

 

Et que j'ai encore raconté à la police, à peu près la même chose, pas beaucoup de jours après.

 

Et puis , encore, et encore, à mon procès, à Rennes.

 

Après, ce n'était plus moi qui racontait, mais les autres, ceux qui essayaient de me défendre, avec Marie Jeanne, qui par derrière, les poussaient à me croire innocent.

 

Parce qu’elle avait eu l' idée de trouver toutes les erreurs que la police, elle avait faites contre moi. Tout ça rien que pour m'envoyer à Cayenne. Trouver tout ce qui clochait, tout ce qui n'avait pas été bien enquêté. Dès le début, elle avait été très soutenue par mon beau-frère, le Petitcolas, un journaliste que je connaissait à peine. Pourquoi il avait pris ma défense, ce type ? J'ai jamais su.

 

C'est vrai que je m'étais salement mal débrouillé, pour me défendre.

 

Mais allez donc faire le finaud quand on a tout contre vous. Moi, il n'y avait qu'un truc : il n'y avait pas de cadavre. Ça, pourtant, c'était le principal ! Et je l'ai dit dès le début. Répété , des fois et des fois. On l'a pris pour, comment qu'ils ont dit ? Oui, c'est ça, du cynisme...

 

Et puis, en même temps, ils avaient pas si tort, puisque je m'engluais dans des trucs un peu louches : entre autre, jusqu'à la veille du procès, je cherchais à provoquer des faux témoignages.

 

Vous voyez, c'était pas bien en ma faveur, tout ça...

 

Oui, à mon procès, mon avocat, Maître Kahn , il l'a répété,où est le cadavre ? Mai il était pas bien fortiche le Maître Kahn. Ni le Le Hir. . C'était comme s'ils avait défendu quelqu'un contre leur propre avis. Je sais qu'ils ne m'ont jamais cru. Ils se doutaient que je cachais quelque chose et ils ont jamais compris ce que c'était. Pour eux, ça devait un sacré machin du côté du trafic des cadillac.

 

Quand j'ai été condamné, ils ont assuré le service minimum et sont retourné à leurs petites affaires.

 

D'ailleurs, moi non plus , j'avais pas bien confiance en eux . De Jaegher, dès le début, il avait conseillé un avocat, déjà un peu connu, un type qui l'avait défendu dans un procès. Pierre Laval. Et il l'avait contacté. Mais Laval, dès qu'il avait su qu'il s'agissait d'un marché en marge des stocks américains, il avait répondu qu'il ne pouvait pas et il avait conseillé un de ses amis, Moro-Giafferi. Le seul conseil qu'il avait donné, celui-là, c'était de ne pas trop insister sur cette histoire des bagnoles. Puis le Moro-Giafferi, il avait envoyé un jeune assistant, Kahn, sous prétexte qu'il allait entrer au gouvernement, ou quelque chose comme ça.

 

Et les avocats, ils ont tous été pareils. Des mitigés.

 

Tiens, le dernier, Raymond Hubert, un péteux, un pauvre couillon, qui avait sauté dans la Seine, au lieu d'affronter ses responsabilités du temps de l'affaire Stavisky. Genre, l'autruche, je me noie, histoire de plus rien voir...Je sais pas qui l'avait envoyé à ma fille pour nous défendre, mais , moi, ça m'arrangeait qu'un type comme lui merdoie bien dans une demande de révision.

Parce que tant ça échouerait, je resterai le grand héros de tous les journaleux qui voulaient faire des photos et des articles. Parce que , pour moi, c'était mon gagne pain. Qu'est ce que j'aurais pu faire d'autre pour aider toute la petite famille, enfin, Jeanne et ses mioches. Les autre, les garçons, ils se débrouillaient par eux-même, tout en se faisant sucer, l'un comme l'autre par le fille de ce fumier de Le Her.

Enfin, tout cela, j'y reviendrai, ou j'y reviendrai pas, plus tard....je ne sais pas.

 

Dans ma tête , c'est compliqué.

 

J'ai tellement vécu avec ces deux trucs en même temps.

D'un côté, ce que j'ai raconté sans arrêt : je suis innocent, j'ai pas tué Quéméneur.

Et c'était vrai.

Et d'un autre, ce que je savais être la vérité , Quéméneur, c'était moi qui avait détruit son cadavre, et que j'avais essayé de faire croire qu'il s'en était allé au Havre et qu'en plus, j'avais essayé de récupérer Traou Nez en refaisant ces fameuses promesses de vente.

Et ça, il fallait surtout pas le dire.

Il fallait surtout pas qu'on découvre que c'était Marie Jeanne qui l'avait poussé, et qu'il était tombé, et qu'il s'était fracassé la tête.

 

Une histoire si simple.

 

On aurait dû le dire tout de suite,

Ça aurait simplifié

Oui, mais

Dire que c'était un accident

Oui, mais

Marie Jeanne, elle aurait été quand même en prison

Et les dollars, tout ce qu'on lui avait donné

On savait même pas où ils étaient passé.

 

Bon. Mais j'ai pas tellement réfléchi. J'ai décidé tout de suite.

Top vite , peut-être. Je sais pas.

J'ai jamais répondu à cette question . Et pourtant, combien de fois, je me la suis posée. Depuis ma première nuit à la prison, au dépôt de Paris. Et puis, chaque nuit, à Morlaix, à Rennes et des milliers de fois en Guyane.

 

Quand Marie Jeanne est morte, ça a tourné encore plus dans ma tête. Et finalement, je répondais de plus en plus que je devais continuer comme ça.

Je devais continuer à faire l'inocent.

 

Et puis, il y avait les enfants. Pour eux, je devais, surtout pour les filles....

 

S'il n'y avait pas eu ce mouvement qui était en ma faveur, et qui, de jour en jour se faisait de plus en plus fort, je ne sais pas si j'aurais eu la force de tenir.

Peu à peu, j'ai fini par me complaire dans ce rôle et je n'ai jamais dérivé. J'ai gardé sans arrêt cette vérité au fond de moi et je ne me suis jamais pris pour un innocent. J'ai fait l'innocent, oui, je l'ai fait mais toujours conscient de mentir. A tous. Sauf à moi.

 

Bon. Et bien voilà. Il va falloir dire ce que je sais. Et finalement, le peu que je sais. Parce que, cette histoire de voiture, je n'y ait jamais rien compris.

S'il n'y avait que ça. …. Il y a tellement de choses pas bien clair....

 

J'ai devant moi deux cahiers.

Celui que je donnerai à Bal.

Et celui où j'écris maintenant.

Qu'est-ce que j'en ferai ?

Je crois, que , quand je l'aurai fini

J'irai le foutre à la flotte.

Le courant de la Seine en fera ce qu'il voudra.

 

J'ai essayé de nettoyer mon âme.

 

Et à partir de ce moment, je vais yoyoter, dire n'importe quoi, et me foutre dans la peau d'un gâteux. Enfin !

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3 mai 2018 4 03 /05 /mai /2018 19:10

Modérer les commentaires, et oui.....

Je ne pensais pas avoir à faire à un bande de gamins mal élevés.

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2 mai 2018 3 02 /05 /mai /2018 14:16

Circulons, les enfants, circulons. Il n'y a rien à voir

 

Nous y avions vu la convocation quasi complète de la Presse,

 

Nous y avions vu un os , exhibé, comme quasiment un bout de la Vraie Croix,

 

Nous y avions vu tous les gourous( enfin , une petite partie...) de l'affaire, benoîtement dévots, s'afficher face à la caméra des faiseurs de scoop,

 

Nous y avions vu des rois de la brocante du Texas, baver de satisfaction et tenir tête à de modestes spécialistes de paléontologie

 

Nous y avions vus des princes de l'écriture pourfendre de leur supériorité, quelques obscures blogueurs du Dimanche en employant leurs arguments imparables : pour certains, l'interdiction du commentaire et pour d'autres la diffamation.

 

Nous y avions vu la force de leurs démonstrations, nous y avions vu l’infaillibilité de leurs raisonnements ,la richesse de leur documentation, l'étendue impressionnante de leurs recherches dont le pilier central est le catalogue Manufrance, édition 1920 qui sert de nerf à leur grande théorie sur le sort mystérieux du cadavre d'un négociant de Landerneau.

 

Et bien non, les enfants, circulons. Il n'y avait rien à voir.

 

Et c'est eux qui le disent.

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  • : Affaire de cadillac
  • : Histoire d'y voire un peu plus claire dans la disparition de Pierre Quemeneur et dans la condamnation de Guillaume Seznec
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