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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 15:02

 Pour suivre les supputations de Denis Seznec, il aurait donc suffit de déchiffrer les traces des trois sous-secrétaires d’état à la liquidation des stocks. En tout cas c’est ce que j’avais cru comprendre.

 

Donc je me penche sur ce passé qui manque de références. Et pourtant, en grattant les strates d’une Histoire peu étudiée, je trouve quelques petits trucs que je vous livre.

 

Le premier, Paul Morel, un radical de gauche qui était dans la mouvance de

Clemenceau. C’est lui que la France chargea du beau négoce avec les américains en ce qui concerne les stocks. 

 

Paul Morel était un avocat. Il avait défendu, entre autres, la veuve de Miguel Almereyda (anagramme de la merde est là ), anarchiste inscrit au Carnet B, donc mis en tant que tel dans une prison durant les débuts de la guerre. En 1917, on le retrouva mort dans sa cellule. Assassinat politique ? La question reste encore en suspend. Almereyda avait un fils que vous connaissez pour peu que vous fréquentiez les salles obscures des Cinéclubs , un certain Jean Vigo.

Morel fut plusieurs fois sous secrétaire d’Etat et c’est lui qui fut le premier à occuper le poste en charge de la liquidation des Stocks de Février à novembre 1919. Mais il ne progressa jamais très loin dans la hiérarchie politique. Il avait une passion pour sa ville, Vesoul dont il occupa le siège de maire jusqu’à sa mort, par accident. En effet le 23 décembre 1933, le rapide Paris-Strasbourg heurte un autre convois en fin de soirée et la catastrophe fait 230 morts. Parmi eux, il y a Paul Morel. Une fausse rumeur qui courut après veut que Stavisky aurait envoyé Bonny placer ses propres papiers d’identité sur un cadavre du train afin de faire croire à sa mort. Cette rumeur courre encore, mais à l’origine, elle é

mane d’un personnage pas très recommandable et ne semble pas tenir debout. Comme quoi, le monde politique est toujours aussi petit. Je vous dirai pourquoi un peu plus tard. Faut bien faire un peu de suspens.

 

Bon. En tout cas le brave Morel ne fut pas connu pour des amitiés politiques louches ou des compromissions obscures et encore moins pour un train fastueux (retenez vous de tout allusion à sa mort, je ne vous le pardonnerai pas !).  Même Maurras ou Daudet n’ont rien à lui reprocher.

 

Tant qu’à éliminer le plus respectable des sous secrétaires aux Stocks, je passe tout de suite à Emmanuel Brousse, le dernier ayant occupé le poste, de 1920 à 1921. C’était un publiciste, directeur du journal des Pyrénées-Orientales, l’Indépendant . Député, il avait défendu la révolte des vignerons en 1907. Durant son sous-secrétariat, il se fit des ennemis dans la Presse en retirant l’accréditation à des journaleux qui bouffaient à beaucoup de râteliers.  Sa ville natale, Cabannas, lui dédia un monument commémoratif où est rappelé son dévouement et la pauvreté dans la quelle s’acheva son existence. Son fils, paya de sa vie le même idéal républicain : il mourut à Auschwitz en 1944.

 

 

Le troisième, c’est Yves Le Trocquer

Si vous connaissez déjà le nom d’Yves Le Trocquer , c’est parce que vous l’avez lu sur le côté d’un ou de plusieurs monuments aux morts : en effet il en présida souvent l’inauguration en qualité de ministre des Travaux Publics, surtout en Bretagne où il était député des Côtes-du-Nord (et oui, = Côtes d’Armor maintenant).

 

C’est l’enfant du pays le plus célèbre de Pontrieux.


 
Ingénieur des Mines, il s’intéressa particulièrement au développement des Chemins de Fer et la modernisation du réseau peut être considérée comme son œuvre. Mais aussi des canaux , des ports.

 

Il fit partie des premiers Européens convaincus qui prêchèrent pour une union douanière.

 

Tout à fait objectivement, Quémeneur pouvait le connaître puisque Traou Nez n’est pas loin de Pontrieux. Mais ça s’arrête là : il n’y aucune preuve.

 

Par ailleurs, Le Trocquer ne fit jamais l’objet d’une quelconque attaque politique ni de la part de la « bande » Maurras-Daudet ni de la presse torchon. Il apparaît comme un technicien respecté qui, lui, faisait avancer les choses. Il fut l’un des seuls ministre de l’entre-deux guerres à garder son poste plus de quatre ans

 

Il fut assez discret dans sa vie à tel point qu’on trouve peu de détails biographiques ( si ce n’est dans un livre de Kessel et Suares que je n’ai pas lu, faute de le trouver) le concernant. Et cela malgré une activité immense dont on trouve les traces dans la presse parlementaire.

 

On confond parfois Yves Le Trocquer et André Le Troquer qui sont sans parenté. Beaucoup d’écrivaillons ne semblent même pas s’apercevoir que l’orthographe des noms n’est pas la même et donc, dans la précipitation de pisser de la copie, leur donnent des liens familiaux totalement inventés.

 

C’est donc faire choux blanc que de se pencher sur ces trois personnages pour trouver le pourri qui voulait dissimuler les tenants et aboutissants du trafic des cadillac.

 

Notez quand même que je ne ferme pas la porte : je voudrais bien changer d’avis quand on m’apportera une preuve concrète, incontestable que l’un d’entre eux aurait couvert, moyennant quelques avantages pécunieux, ou d’un autre ordre, une bande de zoniers qui aurait fourgués des torpédos à bout de souffle à des services secrets bolcheviques. Quant à l’idée que cela transitait par la Croix Rouge Américaine, c’est de la pure rigolade digne d’un James Bond avant la lettre d’autant que les dates ne collent même pas.

A l’opposé, j’ai trouvé deux choses : les soviétiques ont très rapidement pris contact avec Mercedes pour se fournir en voitures et les armées blanches, qui, elles, recevaient du matériel de France, avaient un service d’intendance si corrompu qu’il avait la fâcheuse tendance à revendre son matériel aux Rouges…Alors, la cadillac de Dzerjinski, c’est loin d’être une preuve.

 

Première conclusion donc : c’est pas là qu’il faut chercher et ceux qui nous ont amenés sur cette piste sont ou des charlots ou des mythos.

 

Il est vrai que ….

 

Il est vrai qu’une autre version, de même source, parle, en grand mystère, de Chautemps….

 

Mais que n’a-t-on pas prêté à Chautemps ?

 

A bientôt, les enfants. Au fait, si vous voulez plus de photos, dites le moi.

 

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 17:03

Avant de vous parler de notre troisième sous-secrétaire, je ne veux pas passer sous silence un curieux bonhomme quoiqu’il n’ait aucune implication dans l’affaire.

 

Non, il fut tout simplement un curieux personnage qu’on a complètement oublié, enfin pas complètement mais on a pas tout les jours l’occasion de se référer à son nom  et c’est peut-être dommage.

 

Durant la guerre, quand ils firent leur entrée dans la mêlée, les américains installèrent près de Brest un gigantesque camp de débarquement sur les lieux abandonnés d’un ancien casernement à Pontanézen. Ce camp était immense et comportait toutes les installations qui pouvaient servir à l’attente de milliers de soldats pour leurs affectations au front.

 

Ce camp fut dirigé par le général des Marines Smedley Butler. Et oui, bien que hautement compétant , il ne se vit rien confier d’autre qu’une tâche de rond de cuir. Mais il avait un caractère épouvantable : à cette époque, ses supérieurs le considéraient comme « inutilisable ». Son passé à cette époque , celui d’un excellent baroudeur du type Marines, il avait fait touts les coups où les E.U. s’étaient engagés dans les Républiques d’Amérique du Sud (des épisodes pas très connus). Il disait textuellement : « J’étais un racketteur. J’ai violé une demi-douzaine de Républiques Sud-Américaines au profit de Wall Street. » Aveux effrayant et plutôt révélateur de ce qu’ont toujours été les politiques étatsuniennes.

 

A la fin de sa vie, il fut un pacisiste et un  antifasciste virulent à tel point que s’étant moqué de Mussolini, il fut à deux doigts d’être traduit devant la Cour Martiale.

 

Les opposants à la politique de Roosevelt l’ayant choisi pour monter un complot qui l’aurait chassé celui-ci de la Maison Blanche, Butler n’hésita à dénoncer ce complot devant le Congrès.

 

Butler ne fut pas si oublié que cela : durant la vague de pacifisme qui déferla sur la jeunesse durant la guerre du Vietnam, ses discours et ses écrits servirent souvent de bible à nombre d’esprits clairvoyants.

 

Il me paraît important que vous lisiez un extrait de ce discours  prononcé en 1933.
 

« La Guerre n'est qu'une forme de racket. La meilleure définition d'un racket est, je crois, quelque chose qui prétend être ce qu'il n'est pas au yeux de la majorité des gens et qu'il n'y a qu'un petit groupe qui sache vraiment de quoi il s'agit. Un racket est exécuté pour le bien de quelques uns et au dépens de la majorité.
Je crois en une défense de nos frontières et rien d'autre. Si un pays nous attaque, alors nous devons nous défendre. Le problème avec l'Amérique est que lorsque le dollar ne rapporte que 6 % ici, alors on devient nerveux et on part à l'étranger pour obtenir 100%. Le dollar est ensuite suivi par le drapeau, et le drapeau par des soldats. Je ne retournerais pas de nouveau à la guerre, comme je l'ai déjà fait, pour défendre quelque minable investissement de banquier. Il n'y a que deux choses pour lesquelles nous devrions nous battre. La première est la défense de nos foyers et l'autre est pour les Déclaration des Droits (Bill of Rights). La guerre pour toute autre raison est tout simplement un racket. Le gang militaire est tout à fait conscient de tout ce qu'il y a derrière ce racket. Il a les hommes pour pointer du doigt les coupables, les muscles pour éliminer les ennemis, les cerveaux pour préparer les plans d'invasion, et un Big Boss sous la forme d'un Capitalisme Super-Nationaliste.
Il peut paraitre étrange pour un militaire comme moi de faire de telles affirmations. Mais le vérité m'y pousse. J'ai passé trente trois ans et quatre mois au service des Marines. J'ai servi à tous les echelons, de Lieutenant à Général-Major. Et durant cette période, j'ai passé la plus grande partie de mon temps à être le "monsieur muscles" pour les milieux d'affaires, pour Wall Street et pour les banquiers. Bref, j'étais un racketeur, un gangster au service du capitalisme. A cette époque j'avais seulement des soupçons de faire partie du racket. A présent j'en suis sûr. Comme tous les membres de la profession militaire, je n'ai jamais eu de pensée autonome avant que je ne quitte le service. Mes facultés mentales étaient paralysées tandis que j'obéissais aux ordres de mes supérieurs. Ceci est caractéristique de tous les militaires. J'ai contribué à rendre Mexico, particulièrement Tampico, un lieu sûr pour les intérets pétroliers américains en 1914. J'ai contribué à rendre Haiti et Cuba un lieu décent pour les gars de National City Bank afin qu'ils puissent ramasser leurs profits. J'ai contribué au viol d'une demi-douzaine de pays d'Amérique centrale pour le bien de Wall Street.
L'histoire de ces rackets est longue. J'ai aidé à purifier le Nicaragua pour la banque internationale Brown Brothers de 1909 à 1912. J'ai apporté la lumière à la République Dominicaine pour le bien de l'industrie sucrière Américaine en 1916. En Chine, j'ai veillé à ce que Standard Oil (ESSO) puisse mener ses affaires en toute tranquillité. Pendant toutes ces années j'ai eu, comme diraient certains, un racket d'enfer. En regardant en arrière, j'ai l'impression que j'aurais pu donner des leçons à Al Capone. Au mieux, lui il opérait dans trois villes. Moi, j'opérais sur trois continents ».

 

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 16:05

J’ai déjà cité le nom de Pierre Laval,

 

et j’ai envie de faire dans le désordre,

 

 et j’ai envie de faire dans la démonstration par l’absurde pour vous répéter que tout cela se tient

 

et j’ai envie de faire dans l’actualité du jour

 

et je vous parle de Nathalie Kosciusko-Morizet ou plus exactement de son arrière grand-père

 

André Morizet a les idées bien à gauche puisqu’il fait partie des membres fondateurs du Parti Communiste   et cherche son électorat dans les usines Renault de Boulogne Billancourt dont il devient maire. Très ami de Trotski, il fait le voyage en URSS en 1921 où là il voue une profonde admiration à Djerzinski, le chef des services secrets. Il publie même un livre qui fait l’apologie de la dictature du Prolétariat et qui, curieusement s’attaque à l’idée qu’il existerait une terreur rouge ( allons donc !  une désinformation propagée par les bourgeois nantis et les curés ….).

 

En 1922, le préfet le révoque de son mandat parce que Monsieur le Maire a refusé de présider les cérémonies du 14 Juillet.

 

Cependant, les idées ont dû rapidement lui germer parce qu’en 1923, il désapprouve la bochévisation des PC et avec son ami, Ludovic Frossard, maire de Saint-Ouen, il quitte le PC et rejoint la SFIO.

A Boulogne, il est le principal appuis politique des grévistes quand on débraie chez Renault mais on lui reproche un train de vie trop luxueux pour un ardent défenseur du prolétariat. Bof…quand on est sénateur….

 

Quoique, politiquement plus à gauche, il fait parti de ce réseau très particulier des élus de banlieue qui gravitent autour d’un homme à part, Pierre Laval . Cela lui donnera durant la guerre un avantage : il n’a pas besoin de cacher son hostilité au régime de Vichy ni son appartenance à la Franc-maçonnerie pour garder sa mairie.

 

Fort son héritage politique, son petit fils, François Kosciusko-Morizet devint maire de Sèvres en 1995.

 

Ce dernier a deux rejetons : un Pierre, qui dirige , après l’avoir fondé, PRICEMINISTER

Une Nathalie qui s’est vu confier un sous-ministère auprès de Borloo par le présentement Président Sarko.

 

Le monde politique est décidemment bien petit.

 

 

 

  

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 14:52

On a trouvé aussi que ce sous-secrétariat avait été institué par Klotz, alors ministre des finances, par un décret du 26 décembre 1918. Son champs de compétence concernait la liquidation des stocks militaires français, les prises sur les armées allemandes et les stocks en provenance de l’armée américaine. Il s’agissait bien de liquidation. En effet, pour les stocks d’origine française, l’arrêt des hostilités stoppait les besoins et l’avance en matériel et munitions ne pouvait trouver un écoulement suffisant dans les campagnes militaires encore actives comme le Maroc, la Pologne ou la Russie.  De plus, les principales hostilités ayant eu lieu sur le sol français, le gros des prises de guerre d’origine allemande était laissé à la France . Enfin le stock américain était constitué de ce que les forces américaines ne voulaient pas réexpédier aux USA, c’est-à-dire denrées, équipement, et surtout matériel de transport. Je vous informe ici qu’il ne s’agit pas d’armement. En effet, les chars, l’artillerie, les munitions et quelques avions furent fournis par l’industrie française et facturés aux USA.

 

C’est là un premier problème. Car, quand je vais retrouver des chiffres , des « bilans » financiers, je ne saurai jamais de quoi il s’agit pour bien distinguer ce qui est de provenance américaine et j’ai le sentiment que ceux qui citeront les quelques « statistiques » dont on dispose n’ont pas perçu cet écueil.

 

De l’activité de ce sous-secrétariat, je n’ai pas retrouvé grand-chose sur Internet et ailleurs. On voit de ci de là des ventes diverses de matériel : les plus connues sont dans des petites annonces insérées dans la presse : là une vente de camions, par dix ou douze au parc de Vincennes, là une vente de voitures, toujours par petite quantité et puis divers matériels sans grande valeur. J’ai retrouvé dans des comptes municipaux l’achat d’obus pour ornementer les monuments aux morts,( d’autre fois c’est gratuit !?), enfin , rien de bien intéressant. Par contre, on nous raconte que ce fut un gabegie énorme, les entrepôts étaient pillés, les sorties mal comptabilisées et les pertes, par manque total de protection, incalculables. La presse ne s’en fit pas vraiment écho sur le moment mais elle l’affirmera a posteriori, « dénonçant » des responsables qui, bien entendu, ne portent pas de nom. Les régions sinistrées (- l’Est) se trouvèrent sûrement les premières bénéficiaires des biens de première urgence telles que denrées, matériaux de construction ou matériels de transport mais, dans les difficultés qui suivaient les lendemains de l’armistice, il faut bien reconnaître que les administrations avaient autre chose à faire que de tenir des comptabilités et de remplir des états et encore moins de les archiver. On peut se rendre compte de la difficulté de contrôler les choses en les comparant à ce qui se passa pour les dédommagements de fait de guerre, qui bien que soumis à une réglementation très précise, entraînèrent des abus innombrables qui furent plus ou moins réprimés dans les années qui suivirent mais donnèrent à l’opinion publique une bien triste idée du comportement de certains dans ces temps difficiles. A ce propos, des scandales éclataient chaque jour, sans que l’on sache trop quelle était la part d’un de nos sport favoris , la calomnie. Dans la même veine, il y avait les profits de guerre, avec sa kyrielle de nouveaux riches et de jaloux mais là, nous serons obligés de vous reprendre l’attention sur cette leçon très particulière.

 

Il faudra attendre une bonne dizaine d’années pour que les choses ressortent. Et encore. Il fallut que la France se trouvât dans une impasse, celle de devoir payer ses dettes envers les Etats-Unis, celles consécutives à ses emprunts et ses achats pour alimenter la machine de guerre entre 1914 et 1918 et faire payer à l’Allemagne les dommages qui avaient été décidés par le Traité de Versailles et résultaient d’une obsession du gouvernement Clémenceau. Le chiffre de ces dommages était –il justifié ? Ce n’est peut-être pas la question  mais il était, pour sûr, contesté par les Alliés , et les Américains refusèrent de ratifier le traité. On aligna conférences et palabres ou les Américains imposèrent leurs vues tant et si bien que la France se retrouva plus que lésée et l’Allemagne en position de faire un bras d’honneur dès qu’on lui réclamait des sous. Les choses étaient telles que, l’un des dédommagement étant prévue en fourniture de charbon par les mines de la Rhure, ce fut le gouvernement français qui se vit obligé de payer les mineurs allemands afin que la production ne fut pas suspendue. On tombait dans l’absurde. Mais qui s’en rendait compte ? En attendant, le parlement s’inquiétait de la situation financière et cherchait les raisons de l’échec du traité dans les clauses secrètes de sa négociation, d’où des commissions qui pressaient de question les acteurs survivants. Les comptes rendus de ces questionnements ne dépassaient guère le cercle restreint des politiciens et il faut en rechercher trace dans la presse très spécialisée , dite parlementaire.

 

Dans notre cas très précis, on trouve un exposé de la négociation sur l’achat des stocks américains en 1919 et ce dans un article de 1927 écrit par son principal responsable français.

 

Ici une parenthèse qui me vient, comme ça :

L’histoire de la « Grande » guerre n’a pas été écrite pendant des années : il fallait se contenter de ce qui pouvait servir à la légende du poilu et de la France en douleur. Le reste…faudra attendre. Et ça commence à venir. Mais les lendemains, les conséquences immédiates, alors là … que dal. Du 11 novembre 1918 au 8 mai 1945, il n’y a qu’une vérité : la gloire du poilu et la cruauté du boche. Il fallait bien que cette exaltation de la gloire de nos troufions dissimule cet égorgement de millions d’hommes fait sans trop d’état d’âme par des généraux incapables et prétentieux, l’inutilité du sacrifice à peine consenti et la folie d’un « jusqu’au boutisme » que les politiques étaient incapables de contrôler. Une sorte d’abrutissement collectif saisit alors la pensée et la réflexion : honorer nos morts et nos « gueules cassées » fut peut-être le seul acte autorisé pour prolonger le souvenir de cette guerre.

 Le complémentaire a sombré dans le naufrage qui a englouti la III° république dont on ne perçoit plus que les scandales politico-financiers , les prurits parlementaires et la monté du péril fasciste. On appelle ça les « années folles » et ça suffit bien.

Alors, s’informer sur les petits détails qui se déroulaient par derrière l’écran du grand pavoisement patriotique, demeure encore de nos jours une rude épreuve pour le citoyen lambda.

 

Fin de la parenthèse.

 

Je vous dit en gros sur que révèle le texte : les américains trouvèrent plus expéditif de fourguer leurs marchandises sur place plutôt que de la rembarquer vers leur pays. Par ailleurs, la France avait un besoin urgent de pas mal de ces marchandises et donc les intérêts de chacun se trouvant en concordance, une négociation fut entreprise. Mais les américains exigèrent de faire acheter la camelote au prix fort, ce qui ne fut pas admis longtemps, puis de vendre le tout d’un bloc sur une estimation globale, obligatoirement en $ US, qui fut âprement discutée et on arriva à un accord, arraché à la France , acculée à ses nécessités, qui précisait qu’il s’agissait d’un traité commercial et non d’une rallonge aux dettes de guerre. Ce point signifiait que le paiement devait être quasi immédiat. Bien sur, la France n’en avait pas le premier rond. Qu’à cela ne tienne, les étatsuniens lui prêtent l’argent sous forme d’un nouvel emprunt, toujours en $, à remboursement différé. Le montant ? 400 millions soit 2 900 millions de francs de 1919. Au moment du début du remboursement, en 1929, et en raison de la perte de vitesse du franc, cela se traduira par le chiffre de 10 000 millions de francs ! Mais on saura par le même article que la revente ne sera pas si facile mais qu’ elle produisit 3 320 millions, soit un bénéfice comptable de 420 millions, ce qui n’échappa pas à la commission américaine.

 

Ainsi, on voit diverses choses à partir de là :

 

-la France fut contrainte d’acheter des surplus qui ne la concernait pas toujours, d’où, un certain gâchis pour nombres de marchandises,

-elle fut contrainte de se fixer sur le dollar comme monnaie de référence, ce qui dès l’époque ne pouvait lui être que défavorable

-ce type d’accord permit au gouvernement de revendre un bien qu’elle n’avait pas encore payé. Opération que certains parlementaires qualifièrent de carambouille quand ils surent le fin mot de l’affaire à partir de 1927 et leur donnèrent l’occasion de jouer leur rôle ordinaire de vierges effarouchées.

 

Mais qu’en était-il de la vente ? Très difficile de le savoir. Je vous ai dit qu’on retrouve ça et la des traces très partielles d’annonces de vente aux particuliers dans la presse de 1919 et il ne s’agit pas particulièrement de matériel américain. J’ai retrouvé aussi qu’ une minuscule compagnie de chemin de fer de Saint-Brieuc s’était offert deux petites locomotives et que la nouvelle Société aérienne Latécoer avait acheté 22 avions réformés de marque Bréguet .

 

En fait, on ne peut, faute de documentation que se livrer à des hypothèses. Une partie du matériel de transport ferroviaire fut sans doute repris directement par l’état au bénéfice des compagnies de chemin de fer, une partie du matériel de transport automobile put être affecté à l’armé et la plus grande part revendu aux particuliers, les denrées, les vêtements, les textiles, le bois, les métaux, l’outillage, les machines vendues aux mercantis comme on disait dans ce temps là. On sait aussi qu’il y avait des biens « immobiliers » comme des installations très diverses de fabrication et de réparation. Leur sort ? pas trouvé.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 14:45

Bien, l’épisode maladie et bien venue chez les patients de notre cher hôpital est terminé.

 

Je reprend donc le récit.

 

En 1999, paraissait la première édition de Nous les Seznec de Denis Seznec. Parmi les partisans  de base de la révision, la lecture du livre devait enfin avoir l’effet d’un ouragan soulevant les voiles du mystère le plus complexe livré à nos réflexions depuis des générations d’ « aductifs » de la chose mal jugée. Pensez, Zoro allait pourfendre les vilains, le Bossu allait se redresser pour jeter son gant à la figure du méchant magistrat qui refusait revoir la copie, et Rouletabille allait démêler les fils tant embrouillés d’un impossible voyage entre Morlaix et Dourdan, quant à la Vérité, elle allait sortir du puits profond où une horde de pourris l’avait jetée depuis des décennies au seul intérêt de dissimuler les pirouettes qui les avaient hissés aux plus hautes marches du pouvoir.

 

Pourquoi j’ai maintenant la dérision au bord du stylo et pourquoi je commence à égratigner, c’est bien le terme, ce qu’hier j’avais respecté et parfois adulé ?

 

Ce que je sais, c’est que je n’ai pas accepté  les inexactitudes, les silences et les omissions. Ca m’a plus que gêné, ça m’a fait mal,  à la dimension de mes convictions. Ca peut se comprendre, non ? Et puis, ça donnait tellement raison à ceux qui inlassablement, jetaient de leur bouches en cul de poule au dessus de leur robe rouge sang et de leurs peaux d’hermine un  « non ! » sec et méprisant qui renvoyait un Guillaume Seznec pour la xième fois dans son bagne.

 

Ce dossier est maudit. D’une manière ou d’une autre, il entame l’intégrité de l’édifice de nos certitudes.

 

Ouais….faut pas exagérer. C’est juste une petite démangeaison à un confort intellectuel.

 

Ce que je voulais vous dire, c’est que , une fois ce bouquin terminé, il faisait comme pour n’importe volume de la série des Harry Potter. Il ouvrait des fenêtres vers beaucoup d’autres mystères et laissait son lecteur sur sa faim. Et comme on se doutait qu’il n’y aurait pas de second épisode , on se mettait à fouiller la mémoire collective pour essayer de trouver des réponses.

 

La plus importante, c’était de trouver l’homme politique qui,  de sous-secrétaire à la gestion des stocks , était passé à un niveau de pouvoir tel qu’il avait usé de tous moyens pour faire tuer un conseiller général de troisième zone et envoyer au bagne un breton têtu.

 

 

Ce n’était pas une sinécure, il y a quelques années,  de trouver le nom d’un sous secrétaire-d’état de l’entre-deux-guerres. Internet ne servait pas à grand-chose pour ce type de domaine et même quelques historiens interrogés ne savaient  vers où vous diriger pour accéder à l’information. Bon, maintenant, ça va mieux.

 

Vous le savez, dès les premiers jours de son arrestation, Seznec ne se cacha pas pour dire que Quéméneur et lui se rendaient à Paris pour vendre une cadillac un peu essoufflée en guise d’échantillon à un type qui se serait chargé monter des ventes à plus grande échelle à destination d’un marché dont nous ignorons tout. Mais la police, puis la justice ne semblèrent pas soucieuse de faire la lumière sur ce trafique, ce qui ne manqua pas d’alimenter la colère de Seznec puis la méfiance.

 

A  gros traits, voilà ce qu’on pouvait déduire de la lecture de Nous Les Seznec : la mémoire familiale retenait que depuis les premières tentatives de faire entendre un autre son de cloche que celui de la chose jugée, des âmes compatissantes et hauts placées, que ce fut le préfet de police Jean Chiappe ou plus tard, le patron de la DST, avertissaient les descendants de Guillaume  qu’il y avait du gros fretin à la tête de tout ça et qu’il suffisait de rechercher du côté des politicards qui avaient eu en charge la liquidation des stocks. Sous entendu, ils s’y étaient rempli les poches pour faire tourner leur petite boutique. Le tout, bien entendu, avec la complicité de tous les copains et autres frères « trois points ». Vous êtes trop jeunes pour savoir qui sont ces mecs à trois points : c’est sous cette appellation d’époque qu’on désignait les francs-maçons, engeance pernicieuse, plutôt de gauche qui accaparait tous les leviers du pouvoir et voulaient la mort un des catho, deux, de la France tant est si bien que la dite France, enfin confiée aux dignes mains du patriarche Pétain les fit interdire, les arrêta et en déporta une bonne part dans les camps du peu recommandable cousin Adolphe. Je sais que cette haine les poursuit encore aujourd’hui, la France est ainsi faite.

 

Donc il s’agissait de trouver un franc-maçon, ayant , après l’armistice, rempli les fonctions de sous-secrétaire d’état à la gestion des stocks et ayant gravi, vraisemblablement, quelques degrés dans les arcanes des gouvernements et resterait protégé soit par sa puissance personnelle soit par celle ses copains, de sa famille ou de son parti.

 

 

Notre enquête nous apprend les noms de ces trois sous-secrétaires :

 

1919 : Jean Paul MOREL

1919 0 1920 : Yves LE TROQUER

1920 à 1921 : Alexis BROUSSE

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17 décembre 2007 1 17 /12 /décembre /2007 14:32


En 1999, paraissait la première édition de Nous les Seznec de Denis, son petit-fils. Parmi les partisans  de base de la révision, la lecture du livre devait enfin avoir l’effet d’un ouragan soulevant les voiles du mystère le plus complexe livré à nos réflexions depuis des générations d’ « aductifs » de la chose mal jugée. Pensez, Zoro allait pourfendre les vilains, le Bossu allait se redresser pour jeter son gant à la figure du méchant magistrat qui refusait revoir sa copie et Rouletabille allait démêler les fils tant embrouillés d’un impossible voyage entre Morlaix et Dourdan, quant à la Vérité, elle allait sortir du puits profond où une horde de pourris l’avait jetée depuis des décennies au seul intérêt de dissimuler les pirouettes qui les avaient hissés aux plus hautes marches du pouvoir.

 

Pourquoi j’ai maintenant la dérision au bord du stylo et pourquoi je commence à égratigner, c’est bien le terme, ce qu’hier j’avais respecté et parfois adulé ?

 

Ce que je sais, c’est que je n’ai pas accepté  les inexactitudes, les silences et les omissions. Ca m’a plus que gêné, ça m’a fait mal,  à la dimension de mes convictions. Ca peut se comprendre, non ? Et puis, ça donnait tellement raison à ceux qui inlassablement, jetaient de leur bouches en cul de poule au dessus de leur robe rouge sang et de leurs peaux d’hermine un  « non ! » sec et méprisant qui renvoyait un Guillaume Seznec pour la xième fois dans son bagne.

 

Ce dossier est maudit. D’une manière ou d’une autre, il entame l’intégrité de l’édifice de nos certitudes.

 

Ouais….faut pas exagérer. C’est juste une petite démangeaison à un confort intellectuel.

 

Ce que je voulais vous dire, c’est que , une fois ce bouquin terminé, il faisait comme pour n’importe volume de la série des Harry Potter. Il ouvrait des fenêtres vers beaucoup d’autres mystères et laissait son lecteur sur sa faim. Et comme on se doutait qu’il n’y aurait pas de second épisode , on se mettait à fouiller la mémoire collective pour essayer de trouver des réponses.

 

La plus importante, c’était de trouver l’homme politique qui,  de sous-secrétaire à la gestion des stocks , était passé à un niveau de pouvoir tel qu’il avait usé de tous moyens pour faire tuer un conseiller général de troisième zone et envoyer au bagne un breton têtu.

 

 

Ce n’était pas une sinécure, il y a quelques années,  de trouver le nom d’un sous secrétaire-d’état de l’entre-deux-guerres. Internet ne servait pas à grand-chose pour ce type de domaine et même quelques historiens interrogés ne savaient  vers où vous diriger pour accéder à l’information. Bon, maintenant, ça va mieux. Bien sûr, on se retrouve plus facilement sur un site américain mais on obtient ce que l’on cherche .

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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 12:43

Salut

 

Je ne résiste pas à vous citer quelques prédictions du « plus grand astrologue du monde », c’est marqué sur la quatrième de couverture, que nous avons entrevu dans mon précédent billet : Maurice Privat . Ca concerne l’année 1939.

 

Des vieux comédiens passeront de vie à trépas

On effectuera des découvertes archéologiques dans le sol

Des incendies, des orages et des tempêtes, des accidents d’aviation seront également fréquents

Les naissances seront surtout féminines en France

En Allemagne, la frénésie d’Adolf Hitler sera enfin considérée comme telle par ses administrés

L’écroulement du nazisme est proche

[en ce qui concerne la France],dores et déjà affirmons que les menaces de la guerre ne la concerne pas

 

Formidable, non ?

 

En troisième de couverture, on peut lire que Privat réside à Monaco, comme nombres d’astrologues, et qu’il vend par correspondance des horoscopes et talismans personnalisés. Il faut bien vivre…

 

Dans les pages publicitaires en fin d’ouvrage, on tombe sur un livre de AVRIPAT (pseudo de Privat ?) vantant les mérites de la géomancie d’Haly, où curieusement on retrouve Jean Galmot. Je vous parlerai de cet étonnant personnage une autre fois.

 

Je n’ai rien contre l’astrologie, sauf que je n’y crois pas et que je prend les astrologues pour des exploiteurs de la crédulité ambiante. Privat ne semble pas sortir du lot.

 

Donc, j’y reviens, celui qui oeuvra le premier en faveur de la révision de Seznec, « s’éprit de l’astrologie, au point d’abandonner ses études antérieures » (préface des prédictions de 1939). Et ça, ça ne me va pas au niveau de la rigueur.

 

Donc, je plonge dans quelques recherche et voici ce que je trouve :

 

Il avait débuté en tant que secrétaire de Raymond Poincaré et celui-ci, alors qu’il était Président du Conseil, lui offrit en janvier 1924 le droit d’organiser les premiers programmes de radio à partir de l’émetteur de la Tour Eiffel qui avait été jusque là réservé à des fins militaires . Dans cette activité, il fit plusieurs rencontres dont je retiens pour ce contexte Jean Galmot, Philippe Lamour, Stavisky qui lui acheta des « tranches publicitaires ». Il ouvrit une boutique, dans la rue de Meslay où se vendait à bas prix, des lampes radio et des postes à galène dans l’optique d’augmenter l’audience  de la Tour Eiffel.

 

Dans les mêmes années , il crée, dans l’édition, une collection intitulée Documents secrets. Il y publie ses propres enquêtes . Cela va d’une étude sur la prostitution au Maroc (Venus au Maroc), les origines du Milieu marseillais (Bandits Corses), aux turpitudes de Marthe Hanau, qui servit de modèle au film La BanquièreScandale de la Gazette de France). C’est dans la même collection qu’il publia Seznec est innocent en 1931. (

 

Ami proche de Pierre Laval, mais aussi son astrologue, il publie en 1935  une biographie très dirigée de l’homme politique. Il lui restera fidèle après 1945, puisqu’il se remettra à l’ouvrage en 1948.

 

Je vous entend déjà : et alors, pour Seznec, le rapport ?

 

Je ne sais pas comment, Privat a rencontré le Juge Hervé et a pris fait et causes pour ses hypothèses qui ont pour cadre Traou Nez. « [Refusant] de croire que la police [ait] organisé un guet-apens », il est le premier à publier des accusations directes visant Louis Quéméneur, Pouliquen et Kerné. Il participe à la découverte d’une balle fichée dans la porte du bâtiment d’habitation. Mais en 1933, Pouliquen et Quéméneur contre-attaquent et l’assignent en Justice. Hervé ne semble pas en phase avec Privat et refuse de venir témoigner au procès qui s’en suit. La Justice tranche et le livre est retiré de la vente. Précédemment, Hervé avait été condamné avec le journal La Province au procès de Rennes où l’avocat Philippe Lamour, Philppe Lamour l’ami de Maurice Privat, avait développé une superbe plaidoirie qui démontait avec une logique implacable l’accusation contre Seznec.

 

Et à ce moment de mes recherches, je griffonne sur un coin de papier une hypothèse totalement gratuite : si Privat aiguise sa plume pour accuser Louis Quéméneur, n’est-il pas téléguidé ? Pourquoi ? Pour attirer l’attention hors du champs concernant les trafics de stocks. Par qui ? les trafiquants en tout genre, les zoniers,  qui résident principalement dans un périmètre dont le maire, conseiller général puis député s’appelle Pierre Laval.

 

J’ai dit une grossièreté ? 

 
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 09:18

Mes chers enfants

 

Cette année, vous m’avez souvent vu consacrer des heures à la lecture de documents de toute sorte sur l’affaire Quéméneur – Seznec, comme l’appelle Bernez Rouz ( et je suis bien d’accord avec lui) et vous m’avez demandé de prendre un peu de temps pour mettre sur le papier, et à votre intention, mon avis sur ce mystère.

 

Alors voilà, je me suis décidé à vous mettre tout cela sur un blog, non pas pour que vous puissiez me répondre mais pour que ma « vérité » soit contrôlée par la sphère des blogeurs intéressés par le sujet et que, dans un souci pédagogique, vous y voyez comment les amateurs peuvent déchaîner leur passion dès lors qu’on aborde l’ « affaire ». Car elle fait sortir de leurs gonds même les gens les plus doux, comme aux temps où la France se déchirait en deux pour le malheureux Dreyfus.

 

Mais je ne vous raconterai pas l’histoire par le début pour la raison que cela m’emmerde, que vous trouverez bien mieux fait ailleurs dans les livres comme sur le web bien que je dois vous mettre en garde : la quasi totalité de ce qui a été écrit l’a été faite dans la passion et donc dans l’excès.  En conséquence il y a de tout et du n’importe quoi à foison. Moi, je me drape dans la vertu et je vous affirme que j’ai essayé d’ être le plus objectif possible, que je n’ai rien inventé et que tout ce que j’avance se reporte à des documents presque tous accessibles sur Internet et tant pis si mon style habituel tend plus à la satire qu’à la thèse de doctorat en histoire.

 

Non, mon but est de rentrer l’affaire dans son contexte historique qui je crois explique la difficulté qu’aura toujours l’immense armée des révisionnistes (dont, vous le savez bien, je fais partie depuis la nuit des temps que je date pour la circonstance au mois de juin 1975 quand je découvris un petit bouquin sur Seznec, puis entendis les émissions de Pierre Bellemard qui en deux semaines tentèrent de faire avancer les choses) à connaître la réhabilitation du pauvre Guillaume. Faire du contexte une vague approche et un tourbillon d’approximation, c’est ne pas comprendre les risques politiques qu’auraient fait courir toute révélation sur les stocks de guerre, le pourquoi des engagements pour ou contre de certains acteurs, les ramifications des familles puissantes depuis la fin du 19° siècle et comment fonctionna notre bien aimée république en sa troisième édition.

 

Vous me savez un peu bordélique et mon peu d’esprit de système vous est trop familier pour que vous vous étonniez de ne pas trouver dans ces pages un ordre logique. J’ai tenté de réfléchir à une construction  mais c’est hors de ma porté et de plus ça me coupe ma chique. Alors vous aurez droit un jour à ceci puis un autre jour à cela sans évidente continuité ni parenté. Et puis ça gardera un peu l’esprit blog : dites vous que c’est un peu comme une collection disparate des notes de votre grand-père sur l’affaire.

 

Tiens, dans un premier jet , j’avais écrit ça pour commencer

 

Ce qu’on a jamais mis en question n’a jamais été prouvé.

                                                               Diderot

 

Et ce  qui n’a jamais été mis en question , c’est le complot d’Etat qui aurait , à la fois, réduit Quéméneur au silence par un assassinat et condamné Seznec pour un crime sans cadavre. Une police aux ordres, un gouvernement pressé à faire taire des bruits sur ses turpitudes auraient manigancé , sans vergogne, tout le montage d’une histoire rocambolesque visant à  plomber un obscure maître de scierie qui n’évitera la guillotine que , grâce à la naïveté de quelques jurés, peu informés des choses de la Justice.

 

Ainsi, si la raison nous pousse sans grand mal à croire à l’innocence de Seznec  , nous nous retrouvons dans la position d’accepter la réalité d’ une machination destinée à cacher ce que pouvait révéler le trafic des Cadillac et donc, de l’implication du personnel politique dans un scandale aux dimensions obscures. Dimensions telles que, jusqu’à aujourd’hui, les affidés du complot pourraient peser sur la Justice afin de contrer toute réhabilitation de Guillaume Seznec.

 

Et même si on penche vers une solution familiale de l’élimination de Quéméneur, l’activité productive de l’inspecteur Bonny ramène inéluctablement à l’idée d’une machination commanditée au plus niveau.

 

Au fil des années, l’absence de toute recherche sur le trafic des Cadillac durant l’instruction confortera les partisans de l’innocence dans la croyance de ce complot.

 

Au fil des années, s’est formée comme une légende autour du problème et, de livre en livre, d’enquête en enquête, s’accumulent les allusions mystérieuses, les dénonciations anonymes, les supputations vénéneuses mais surtout les inexactitudes et les affirmations gratuites.

 

Mais c’en est trop. D’autant qu’une recherche plus objective apporte quantités d’éléments qui ne sont pas sans intérêts.

 

Dès lors, il semble indispensable de mettre en question cette nécessité de ne pas révéler au public ce qu’était ce trafic et plus en amont, la liquidation des stocks américains et plus généralement des stocks de guerre.

 

 

Ca fait un peu con, non ? Je devrai le foutre à la poubelle.

 

Pour allécher le lecteur, je pourrais vous parler, de but en blanc, de Maurice Privat, vous savez celui qui a été le premier journaliste à écrire un livre pour la thèse révisionniste , faisant siennes les recherches du Juge Hervé. C’est un peu à cause de lui que j’ai commencé à regarder les choses différemment. J’étais en plein dans la lecture révérencieuse de la dernière édition du bouquin de Denis Seznec quand un soir je traînais au premier étage, vous connaissez le coin, là où on range ces quelques livre merdeux, un peu bizarres, qu’on devrait jeter mais on ne le fait jamais. Ca vient d’héritages, de trouvailles sur le trottoir ou de fonds de grenier . En tout cas me voilà stupéfixé par le nom d’un auteur de billevesées horoscopiques qui prévoyaient des jours heureux pour 1939 : Maurice Privat. Je me rue sur Internet et pose des questions à Madame Google. Et oui , le lanceur de la révision n’était autre qu’un astrologue !!!!!

 

Il n’était pas que cela, d’ailleurs.

 

Mais la suite au prochain numéro. 

 

 

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  • : Affaire de cadillac
  • : Histoire d'y voire un peu plus claire dans la disparition de Pierre Quemeneur et dans la condamnation de Guillaume Seznec
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